vendredi 9 octobre 2026

De l'île Bourbon à l'île Rouge ! Jour 6 - De Mafate à Hell-Bourg !

30 août 2026. Excellente nuit et réveil en douceur vers 7 h. Le petit déjeuner est prévu pour 8 h donc nous préparons nos affaires tranquillement. Il fait presque froid à l'extérieur mais le soleil est bien présent. 


C’est parti pour au moins deux heures d’ascension pour atteindre le col des Bœufs. Les quelques courbatures du matin sont vite oubliées, d’autant que le panorama qui s’offre à nous est tout simplement exceptionnel. Nous sommes cernés par des remparts vertigineux.


La progression est tranquille et le sentier est en très bon état. Nous prenons rapidement de l'altitude.

Alors que nous avançons tranquillement, voici que nous passons devant une drôle de cabane métallique peinte en bleu et couverte de dessins.  Cette fresque est une œuvre du célèbre graffeur réunionnais Jace, le créateur des célèbres petits personnages sans visage appelés les Gouzous. Réalisée début 2017, cette peinture met en scène ses célèbres personnages Gouzous en pleine excursion vers La Nouvelle, voyageant de manière amusante à vélo, à dos de dodo, ou encore suspendus à un hélicoptère.
 

Chaque zone dégagée nous offre un paysage époustouflant !

Cependant les premiers nuages s'amoncellent !

Après une heure de marche nous retrouvons la plaine des Tamarins. Les arbres dressent leurs silhouettes tortueuses et sont souvent couverts de mousse et de lichens, auxquels s’ajoutent parfois des plantes épiphytes, témoins de la présence fréquente de brouillard et d'humidité.


A propos d'humidité, la pluie revient et tout le reste de l'ascension va se faire sous un crachin tenace. Au milieu des tamarins moussus, la forêt propose une atmosphère presque féerique.


11 h 00. Le col des Bœufs est désormais enveloppé de nuages et balayé par le vent. Heureusement, nous avons pu profiter du panorama la veille. Nous ne nous attardons pas et entamons rapidement la descente par la route forestière jusqu’à notre véhicule.

Une brève accalmie nous permet de nous changer au sec avant de reprendre la route et de poursuivre notre découverte de l’île. Nous avons prévu de rejoindre Hell-Bourg, célèbre pour son cimetière fleuri et ses maisons créoles. Nous y déjeunerons.


Près de 30 min de route plus tard nous posons la voiture et partons à la découverte de cette ville classée parmi Les Plus Beaux Villages de France. Hell-Bourg nous attire autant par son cadre spectaculaire, au cœur du cirque verdoyant de Salazie, que par son riche patrimoine créole. Ses cases colorées, ses jardins fleuris et ses anciennes demeures rappellent l’époque où le village était une station thermale réputée, avant que le cyclone de 1948 ne mette fin à cette activité.

Le clocher de son église !

Les maisons créoles !


Les jardins fleuris !






Ses petites ruelles "tropicales" !


Et son cimetière qui mérite que l'on s'y arrête. Il est remarquable par son caractère paysager et particulièrement fleuri. Les tombes, souvent installées directement dans la terre et plantées d’arums, de bégonias ou d’orchidées, se fondent dans une végétation luxuriante. L’ensemble offre une atmosphère paisible et originale, avec une belle vue sur le piton d’Anchaing. Il abrite notamment, la tombe d’Auguste Lacaussade, poète réunionnais du XIXᵉ siècle et celle de Volcenay Zitte, un ancien bandit dont le corps repose à Hell-Bourg, tandis que sa tête aurait été enterrée à Saint-Denis.
Sa particularité tient aussi à l’organisation irrégulière des sépultures et à l’abondance des fleurs, qui lui donnent davantage l’apparence d’un jardin tropical que d’un cimetière traditionnel. Cette singularité contribue à l’attrait patrimonial de Hell-Bourg.

Avant de reprendre la route, nous nous régalons d’un incontournable rougail saucisses, puis nous prenons la direction de Saint-Denis, avec un petit détour par Saint-André. Nous souhaitons simplement nous approcher de l’océan : ce versant de l’île, exposé aux vents dominants, connaît souvent une mer agitée, ce qui est encore le cas aujourd’hui.

En rejoignant la route du Littoral, nous profitons également de l’occasion pour découvrir un dernier temple hindou, le temple du Colosse.



Encore une journée bien remplie et nous serons rentrés de très bonne heure à la maison. Tant mieux car demain nous devrons remettre le réveil pour un départ très matinal.



jeudi 8 octobre 2026

De l'île Bourbon à l'île Rouge ! Jour 5 : départ pour le cirque de Mafate !

29 août 2026. À peine remis de nos émotions de la veille, nous reprenons la route ce matin pour randonner dans le cirque le plus isolé de La Réunion : Mafate. Cœur de volcan délabré, le cirque de Mafate s’affiche comme un monde à part. C’est un écrin géologique dessiné par des remparts abrupts qu’une vue plongeante depuis quelques crêtes environnantes laisse deviner comme inaccessible.

Cette randonnée s’étalera sur deux jours et, ce soir, nous dormirons dans un gîte à La Nouvelle, îlet perdu au cœur de ce volcan éteint.

Réveil à 7 h. Nous prenons la route vers Saint-André, sur la côte Est, et deux heures plus tard, nous atteignons le col des Bœufs, situé au bout de la route forestière du Haut-Mafate. Les parkings sont complets et nous devons faire demi-tour pour trouver une place en contrebas.

Jusqu’à Saint-André, nous empruntons la route du littoral, puis entamons notre ascension pour rejoindre la ville de Salazie, qui donne son nom au troisième cirque de l’île. Juste avant de nous engager sur la route finale, tout en lacets serrés et pentes abruptes, nous faisons une halte devant le Voile de la Mariée qui, en cette saison, n’occupe pas trop l’espace.


Cascades du Voile de la mariée !

Vue sur le cirque de Salazie !


Magnifique Bulbul Orphée !


Nous voilà à pied d'œuvre. Le tour intérieur du cirque de Mafate sera scindé en 2 parties, aujourd'hui environs 12 km avec 400 D+ et 600 D-, et demain 6 km en montée avec 500 D+. Beau programme !


Passage du col avant de découvrir le Cirque !

Seule la marche à pied permet d’accéder par des petits sentiers de montagne ou en hélicoptère. Le caractère sauvage du cirque lui a valu d’être le refuge d’esclaves en fuite. La toponymie du cirque est là pour rappeler l’histoire des lieux, Mafate étant le nom d'un célèbre chef marron, résistant à l'esclavage. Aujourd’hui, malgré leur isolement physique, les habitants restent plus que jamais attachés à cette terre tourmentée, en vivant sur les petits plateaux, les îlets. Malgré un accès aux moyens modernes de communication, ils perpétuent des traditions. Sur leur lopin de terre, ils pratiquent la polyculture vivrière (fruits, grains, maïs, élevage, poulailler…).

Les remparts qu'ils faut descendre !

La descente ne présente guère de difficultés même si on rencontre parfois des marches plus hautes que la moyenne cependant la vigilance est toujours de mise.

Les sentiers étant les seuls moyens de communication, les habitants en prennent soin et de nombreux aménagements en bois ou en métal facilitent la progression, surtout en temps de pluie.

Nous voici maintenant à la Plaine des Tamarins, plateau emblématique situé à environ 1 800 m d’altitude. Elle doit son nom à la forêt de tamarins des Hauts, une espèce endémique de l’île, qui la recouvre presque entièrement.

Et les fameuses vaches de Mafate !

Un Foudi rouge aussi appelé Cardinal de Madagascar !

Après avoir passé la Plaine des Tamarins, nous empruntons sur notre gauche, le sentier qui mène à Marla. On retrouve les tamarins et les clairières couvertes de joncs et de hautes herbes où paissent paisiblement quelques petits troupeaux. La Mare aux Serres est plus un marécage qu'une mare mais suffit à abreuver les bovins.



Un peu plus loin, d'un joli point de vue sur l’ilet, niché au pied du Grand Bénare. C’est ici que débute notre descente abrupte jusqu’à la rivière des galets puis le passage par Maison Laclos. Après une pause rafraîchissante en bas, nous rejoindrons en moins de 2 kilomètres l'ilet de Marla et son fameux snack-bar chez Jimmy.





La chapelle de Marla !

Cela fait presque 3 heures que nous marchons et l'arrêt casse-croûte chez Jimmy est le bienvenu. Nous voilà de nouveau prêts à affronter les dernières difficultés du jour.

Au démarrage de cette partie, nous entrons dans un monde minéral où la végétation n'a plus sa place.

Le trajet, à flanc de rempart, offre de très beaux panoramas sur le cirque. En fonction de l'heure et de la météo, le détour vers la Cascade de Trois Roches ne devrait prendre que trente minutes. 



De la roche à perte de vue !

Des chèvres en totale liberté !

Il est 16 h 30 lorsque nous atteignons l’intersection menant à la cascade de Bras Rouge. Trop tard pour s’y aventurer : il reste visiblement plus d’une heure de marche pour rejoindre l’îlet de La Nouvelle et, avec la nuit qui tombera plus vite au fond du cirque, nous ne prenons pas de risque. Nous quittons le monde minéral pour retrouver une ambiance « tropicale ». Les contrastes au cours de cette randonnée sont exceptionnels.

Toujours des montagnes russes !

Bientôt l'îlet...dans vingt minutes en fait !


Le soleil est au rendez-vous lorsque nous touchons La Nouvelle mais ne nous y trompons pas, avec la fatigue et l'altitude la température ressentie est plutôt fraîche d'autant que nous allons devoir attendre une trentaine de minutes avant de percevoir les clés de notre gîte. Une bonne douche, pas très chaude, et un repas servi à 19 h viendront compléter agréablement cette première journée. 

Loin de l’agitation des temps modernes, c’est dans la douceur et l’authenticité que les Mafatais accueillent les randonneurs dans ce qui est devenu la partie du cœur habité du Parc national, Bien du patrimoine mondial. Ce plus grand village compte une seule école, l’électricité est fournie par le soleil, une boulangerie et des épiceries sont approvisionnées essentiellement par hélicoptère. La nature y est reine, elle explose à chaque détour d’un sentier balisé, les montagnes sont omniprésentes, les pitons ont des formes inimaginables, les ravines, cascades et forêts sont un vrai régal pour les yeux.

Ce soir nous nous endormirons sereinement car demain il n'y a pas d'urgence ni de réveil !