Mardi 8 Septembre 2026. ANTSIRABE / AMBOSITRA (ENVIRON 90KM +/- 2H30)
Aujourd'hui départ vers 8 h, même si la distance à parcourir semble courte. Nous quittons Antsirabe vers le sud par la RN7 pour atteindre Ambositra. La route est goudronnée, mais les ralentissements sont fréquents : villages, charrettes à zébus, pousse-pousse, nids-de-poule et contrôles peuvent allonger le temps de parcours. Le paysage reste celui des Hautes Terres : collines cultivées, rizières, eucalyptus, villages de briques rouges, puis une ambiance plus boisée en approchant d’Ambositra. Après l'ethnie Merina, nous ferons maintenant connaissance avec les Betsileo réputés pour leurs rizières en terrasses, leur organisation villageoise et évidemment leurs traditions funéraires. Le programme comprend une visite d'atelier et une randonnée dans l'après midi.
L'habitat prend de la hauteur !
Transport de zébus, installés tête-bêche et attachés par la queue et les cornes !
Hameau Betsileo ! Cette ethnie aime se postionner en hauteur !
Taxi-brousse !
Emottage de la rizière !
Au loin, le pont détruit par les insurgés qui ont pris le pouvoir lors du coup d'état du 12 au 14 octobre 2025 !
Nous arrivons dans la région des orangers et le jus est vendu au bord de la route !
modernité et tradition !
Après 3 h de route, nous atteignons les environs d'Ambositra qui est une petite cité d'altitude et un véritable carrefour commercial pour les artisans issus des villages reculés et également pour les tribus Zafimaniry aux cases construites en bois, dont l'art a été déclaré patrimoine immatériel de l'Humanité en 2003. Après le déjeuner, nous irons randonner vers la vallée des orangers, cette belle petite vallée à l’Ouest d’Ambositra est un petit bijou. Ici les villages typiques Betsileo se dispersent dans les rizières en terrasse et les jardins potagers. On y croisent taxi-brousse, bicyclettes, charrettes, toute la vie de la vallée.
Juste avant de pénétrer en ville, nous apercevons une immense briqueterie artisanale. Cette activité est saisonnière et ce terminera d'ici un mois avec l'arrivée des pluies. Les briquetiers utilisent l’argile des rizières pendant la saison sèche, moulent les briques à la main puis les font cuire dans des fours à bois.
Les étapes de fabrication :
- Extraction de l’argile : le briquetier prélève la terre argileuse dans ou près des rizières, souvent à faible profondeur afin de préserver la couche agricole.
- Préparation de la pâte : l’argile est nettoyée, malaxée avec de l’eau, parfois additionnée de sable, jusqu’à obtenir une pâte homogène.
- Moulage : la pâte est pressée dans un moule en bois, souvent d’environ 20 × 10 × 10 cm, puis démoulée une à une.
- Séchage au soleil : les briques sont posées à plat, espacées, pendant une à trois semaines selon la chaleur et l’humidité.
- Empilage : elles sont ensuite disposées en pile ou en four, en veillant à ce que plusieurs faces soient exposées à la chaleur pour une cuisson homogène.
- Cuisson : le four est alimenté principalement au bois, parfois avec des résidus tels que les balles de riz, la cuisson peut durer plusieurs jours, souvent autour de trois jours.
- Commercialisation : après refroidissement, les briques sont triées, empilées puis vendues sur place ou acheminées vers les marchés et chantiers.
Extraction et moulage !
Séchage au four !
Et la vente au marché !
Tiens, voici notre hôtel mais pour l'instant nous allons au centre ville pour une visite d'atelier !
Un attroupement pour une cérémonie de retournement du mort avec sa fanfare en tenue bordeaux !
Momo rejoint le quartier de la marqueterie et nous dépose devant une baraque en bois qui ne paie vraiment pas de mine et pourtant, derrière cette triste façade, se cachent des trésors. Ici la marqueterie consiste à « peindre avec du bois » : l’artisan découpe de fines pièces de bois de couleurs naturelles différentes, puis les assemble comme un puzzle pour former un décor, une scène ou un motif géométrique. C’est l’artisanat le plus emblématique de la ville, héritier de l’art zafimaniry. Les artisans utilisent le contraste naturel des bois, sans teinture artificielle, le Palissandre, brun foncé à rougeâtre, l'Ébène, noir profond, le Bois de rose, teintes rosées et le Tapia, beiges, crème ou jaunâtres.
Mais comment cela se fabrique t-il ?
- Dessin du motif : l’artisan prépare un modèle, paysage, village, pousse-pousse, lémurien, scène rurale ou motif géométrique.
- Découpe des pièces : chaque élément du dessin est découpé dans une lame de bois de couleur adaptée, à la scie à chantourner activée manuellement (la photo du dessous)
- Assemblage : les pièces sont ajustées très précisément, puis collées sur un support de contreplaqué ou de bois.
- Finitions : l’ensemble est encadré, raboté, raclé, poncé puis souvent ciré à la cire d’abeille pour révéler les veines et les couleurs naturelles. Le résultat ressemble à une peinture et cet art du bois est inscrit depuis 2008 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
Après ce moment exceptionnel, une petite balade dans le quartier et direction l'hôtel pour déposer nos affaires et prendre notre repas.
Notre petit chalet pour la nuit !
La météo est maussade mais cela ne change rien à nos projets et nous partons faire notre randonnée dans la vallée des Orangers. Le sentier traverse une vallée plantée d’arbres fruitiers, notamment d’orangers et d’autres agrumes, d’où son nom. La marche associe donc les parfums des vergers, les rizières, les forêts de montagne et les paysages des Hautes Terres. On y croise des villages zafimaniry, reconnaissables à leurs maisons et portes en bois finement sculptés de motifs géométriques. Mais aujourd'hui point d'orange car la pleine saison est passée.
Paysage de rizières en terrasses !
Habitat Betsileo !
Traversée d'une zone rocheuse !
Et humide !
Reprise du sentier en terrasse !
Et toujours des points de vue !
Pas d'école pour lui !
Et toujours le sourire des enfants !
et des grands-mères !
L’habitat betsileo est très proche de celui des Merina, mais il est fortement lié au Vala : un ensemble formé par la maison, l’enclos à zébus, les rizières et la tombe familiale. Les maisons sont généralement rectangulaires, en briques de terre ou en bois, avec un toit à forte pente et souvent une varangue (une véranda). Parfois le hameau a été formé par les descendants et il est idéalement installé en surplomb des rizières, ce qui protège des inondations et offre une vue sur les terres cultivées.
L'enclos à zébu !
Un mur en pisé !
Rassemblés pour la photo !
Les terrasses vues depuis la maison !
Le hameau où nous devons retrouver Momo !
Encore un passage aérien !
Belle demeure !
L'école du village !
Et son église joliment décorée !
Avant de remonter en voiture, on achète de la farine et du café pour une famille qui avait accepté de poser pour nous, une façon de les remercier !
Le café sent très bon !
Encore une bien belle journée riche en rencontres et en paysages incroyables.












