vendredi 3 juillet 2026

Juin 2026. D'Estaing à Golinhac !

13 juin 2026.

Avec 17 km, cette étape est la plus courte du séjour et, désormais, nous connaissons bien notre allure et notre routine quotidienne (café au bout de 2 heures, pique-nique à 1 h de l'arrivée). Ce matin, nous avons donc tout notre temps pour profiter d'Estaing, classé l’un des Plus Beaux Villages de France.

Situé au cœur de l’Aveyron, dans la haute vallée du Lot où naissent les monts d’Aubrac, il se niche dans un écrin naturel de collines verdoyantes sur le GR65 « Via Podiensis » des chemins vers Saint- Jacques-de-Compostelle.

L’histoire d’Estaing se confond avec celle de son majestueux château qui émerge et domine le bourg séculaire aux couleurs gris bleutés des pierres de schistes. Au détour de ses ruelles pittoresques, nous allons remonter le temps à la découverte de la petite et grande histoire d’Estaing !


Veillant sur les toits de lauze du village, le Château d’Estaing retrace plus de dix siècles d’histoire de la famille d’Estaing. Classé Monument Historique en 1945, cette importante bâtisse plusieurs fois remaniée au cours des siècles fut pendant 800 ans la demeure seigneuriale des comtes d’Estaing.

Plusieurs membres de la famille d’Estaing, militaires ou religieux, figurent dans l’histoire de France et dans celle du Rouergue, parmi eux :Tristan, héros de la bataille de Bouvines en 1214 ; Pierre, cardinal au XIVème siècle ; François, évêque de Rodez au XVIème siècle ; Charles-Henri, amiral, commandant la flotte française envoyée pour soutenir la guerre d’Indépendance aux Etats-Unis.

En 1794, l’édifice, confisqué et morcelé, est vendu par l’Etat comme bien national. En 1836, les sœurs de Congrégation Saint-Joseph s’y installèrent et mirent près de 40 ans à le reprendre en son entier, le sauvant ainsi de la ruine.

En 2000, la Commune d’Estaing le racheta et le céda 5 ans plus tard à la SCI du Château d’Estaing, constitué par Valéry Giscard d’Estaing, Président de la République de 1974 à 1981. Débuta alors un programme de restauration qui a pour objet de redonner au château son aspect d’origine et d’en faire un lieu de souvenirs. « VGE, un homme au service de la France et de l’Europe ».


Estaing doit aussi sa renommée à Saint Fleuret. Évêque de Clermont connu pour ses guérisons miraculeuses, il mourut ici au 5ème siècle. Depuis, le village le célèbre chaque premier dimanche de juillet.
Ici la fontaine miraculeuse !


Autre bâtiment remarquable, l'ancien collège. C’est un bel et imposant ensemble de style Renaissance situé au centre du village, construit dans les années 1520-1530 pour accueillir les six prêtres de la fraternité St Jean de l’Ouradou. A présent, il est le siège de la mairie et de l’office de tourisme. Il compte de nombreux détails sobres mais de caractère : sa porte d’accès en bois cloutée et au verrou en fer forgé ; l’écusson aux armes d’Estaing, un encorbellement sur pignon ouest qui évoque des mâchicoulis purement décoratifs introduisant, en angle, une sculpture de tête curieuse ; enfin une étonnante passerelle à balustres de pierres.


Le balcon à balustres de pierres !

Au gré des ruelles !



Finissons notre tour par le joyau de la cité, l'église Saint Fleuret. Ce bel édifice religieux fut édifié à la fin du XVème siècle sur les bases d’un ancien prieuré. On y accède par un escalier monumental.

Sur le parvis se trouve une croix calcaire quadrilobée du XVIème siècle à double face. Sur une face elle représente en bas-relief le Christ en croix au-dessus d’une mise en tombeau, en deuxième face une pieta entourée de deux petits anges. Le jardin attenant présente les vestiges de sépultures rupestres rares datant du XIème siècle.

De style gothique, l’église arbore de magnifiques retables, tableaux et statues, en bois dorés des XVII et XVIIIème siècles, mis en valeur par des vitraux contemporains de Claude Baillon.

Dans une chapelle qui lui est dédiée sont exposés les reliquaires de St Fleuret, patron de la paroisse. La châsse de St Fleuret contient, fait rarissime, les ossements quasiment complets, étonnement conservés, d’un homme qui a vécu au Vème siècle et mort à Estaing en grande réputation de sainteté.








9 h. Notre visite prend fin et nous récupérons nos sacs que nous avions laissé dans le gîte. Retour sur le sentier et cette étape, la plus courte, est aussi la seule avec un dénivelé positif supérieur au négatif. C'est plus agréable pour les genoux. Ce soir nous dormirons à 650 m d'altitude.

Les 4 premiers kilomètres sont faciles car nous longeons le Lot et nous profitons de l'ombre apportée par les grands arbres.


Le Lot en contre-bas !

Le chemin s'élève progressivement !



Avant de commencer la partie ascendante, nous traversons un petit gué sur la Luzane et empruntons un chemin de la mémoire. Le maquis Jean-Pierre fait partie de l’histoire de la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale. Fondé dans l’Aveyron, au Moulinou, en 1942 par Pierre Monteil, ce groupe de résistants a joué un rôle local important dans la lutte contre l’occupation nazie.
Plus de 400 maquisards sont passés à un moment ou un autre par ce maquis. Après son départ de l’Aveyron, en aout 1944, il comptait 120 hommes. De nombreux jeunes d’à peine 18 ans s’y engagèrent, ainsi que des femmes.

Place aux choses sérieuses ! En 3 kms on gagne 200m d'altitude !

Sculpture locale !

Encore un effort et nous voici sur un plateau exceptionnel qui nous offre de nouveau une vue à 360° sur le nord Aveyron. Nous approchons des hameaux de Fonteilles puis de Falguières.

Bizarre, j'ai pris quelques kg !

Encore 4,5 km !

La dernière partie est très agréable entre sentiers boisés et prairies d'altitude !


Nous prenons possession de notre gîte, chez Claude, au Saint-Martin, installé dans une ancienne maison totalement rénovée pour un accueil chaleureux et rustique.

Un peu de repos !

Cette nuit nous serons à notre aise à trois dans un dortoir de 6. !

Profitons du paysage en toute sérénité !

Comme à chaque fois, notre hôte va nous donner tous les renseignements nécessaires sur ce qui nous attend le lendemain et nous allons nous reposer car les trois dernières journées seront les plus longues. Nous retrouvons à table quelques compagnons de route qui feront demain le même parcours.


17 km - 700 D+ - 370 D-

jeudi 2 juillet 2026

Juin 2026. De Saint Côme d'Olt à Estaing !

12 juin 2026.

Aujourd'hui nous augmentons encore la distance et le tracé est composé de montagnes russes avec 2 ascensions importantes. Nous traversons le Lot dès la sortie de Saint Côme et il nous servira de fil conducteur lors du premier tiers du parcours.


Nous prévoyons notre pause café à Espalion !


Voici une maison d'altitude traditionnelle souvent appelée "buron". Ce sont des constructions en pierre, typiques des montagnes du Massif central, notamment dans l'Aubrac. À l'origine, ils servaient d'abri aux bergers pendant la période de l'estive (de mai à octobre), lorsque les troupeaux montaient paître dans les pâturages d'altitude.

Aujourd'hui, beaucoup de burons ont été restaurés et transformés en gîtes ou en restaurants, tout en conservant leur charme authentique.


Espalion au loin !


Nous approchons maintenant d'une formation géologique exceptionnelle, le Puech de Vermus. Il s'est formé il y a plus de sept millions d'années par la rencontre du magma et de la nappe phréatique, créant ainsi des explosions très violentes.


Un petit lac de lave s'est figé en formant des orgues bien visibles au fond de la carrière. Béatrice est à droite au milieu. Un peu plus loin apparaissent quelques amas de pierres bâties, témoins de la présence humaine qui cultivait des potagers secs comme les lentilles.


Nous venons d'atteindre notre premier point haut du jour, la Vierge de Vermus, érigée en 1865 par le sculpteur espalionais Louis Castanié. Devait-elle tourner son regard vers Espalion ? Vers Saint Côme ? La question fut résolue en lui faisant fixer les paysages de l'Aubrac.

Espalion en arrière-plan !

La culture en terrasse fut beaucoup développée également. Appelées banques, coultades ou coltes, elles sont présentes dans ces paysages vallonnés et encaissés. Orientées au sud essentiellement pour profiter d'un maximum d'ensoleillement, elles accueillaient de la vigne et des cultures de seigle.

Nous entamons notre descente vers Espalion, et, nichée au creux d'un vallon arboré, voici l'église romane Saint Pierre de Perse, toute en grès rose.


C'est un joyau de l'Art Roman qui fut la première église paroissiale d'Espalion. C'est l'occasion de déposer un peu le sac et de faire une visite pour admirer son clocher peigne typique et son tympan richement orné.





Encore 2 km et nous atteindrons Espalion. Les rives du Lot apparaissent et l'accès jusqu'à la ville est ombragé.

Avez-vous remarqué le château sur son piton basaltique ? Voici le château fort de Calmont d'Olt, jalon important du Rouergue médiéval. Il domine depuis le IXe siècle la ville d'Espalion, la vallée du Lot, l'Aubrac et les Causses.

Une statue de scaphandrier attire maintenant notre attention sur la rive opposée. Elle rend hommage à Benoit Rouquayrol, ingénieur des Mines, et Auguste Denayrouse, lieutenant de vaisseau. En 1864, ces deux espalionais, présentent une invention révolutionnaire, l'appareil-plongeur doté d'un réservoir régulateur de pression qui sera "l'acte de naissance du scaphandre autonome moderne". 


Quelle perspective ! La vielle ville se reflète dans les eaux calmes du Lot et voici son emblème, le Pont-Vieux, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Construit sous les Seigneurs de Calmont, il servait aux échanges commerciaux et aux déplacements des pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Jusqu’au XVIIIe siècle, le pont était doté de tours, de boutiques et d’un pont-levis, témoignant de son dynamisme passé.

Véritable œuvre-d 'art !

Juste avant de pénétrer en ville, voici maintenant la statue du sport typiquement aveyronnais, les quilles de huit. Nous aurons l'occasion d'en parler un peu plus loin.

Nous prenons le temps de flâner en arpentant le centre ville au milieu des étals car aujourd'hui il y a un marché. Nous faisons quelques provisions et testons un produit local, le farçou. C'est une charcuterie à base de viande de porc (généralement de la panse ou de l'estomac), farcie avec un mélange de viande hachée (porc, parfois agneau), de lard, d'oignons, d'ail, de persil, et d'épices (sel, poivre, thym, laurier). Une fois cuit, le farçou a une texture moelleuse et fondante, avec un goût riche et légèrement fumé. Il est souvent poêlé ou grillé, et peut être servi chaud ou froid. Le nôtre est plutôt végétarien car il est composé essentiellement de blettes et de persil. Nous en mangerons d'autres lors de la randonnée.


Après cette longue pause, il nous faut reprendre le chemin car il reste encore près de 13 km. Avant la deuxième difficulté, nous passons devant la discrète église en grès rouge de Bessuéjouls.

Près de 1 km à 15% se présente devant nous, heureusement que la plupart du temps, le sentier est à l'ombre.

Nous avons atteint le plateau !


Et encore un abri œuvre-d'art !

Nous redescendons progressivement pour arriver devant la chapelle de Trédou qui constituera un magnifique panorama pour notre pause déjeuner.

Pain, saucisson, fromage et café !

Passage par une grande prairie !

Et nous voici au hameau de Verrières qui possède un superbe château et sa propre chapelle. Il n'y a que quelques maisons mais elles sont toutes en parfait état, remarquable !



Sans nous en apercevoir, nous nous sommes rapprochés du Lot et nous entamons notre dernière ascension pour franchir un massif que la rivière a contourné en formant un méandre impressionnant, du moins sur la carte, car pour nous, point de vue, nous sommes en pleine forêt. La chaleur est bien présente mais l'approche finale est plutôt à l'abri du soleil.

Le panneau Estaing signale la fin de notre étape du jour et nous rejoignons tranquillement notre gîte non sans être passé par l'office du tourisme pour récupérer un plan du centre ville que nous visiterons demain matin avant de partir car la quatrième journée de marche sera la plus courte.

Ce soir nous serons chez Marie et Rémi qui se sont rencontrés sur le chemin. Au menu, du riz bien sûr, accompagné de chili. Encore des nouvelles connaissances et autant de parcours différents.

La statue de François d'Estaing, évêque de Rodez en 1905 !

Le Lot !

Et une vue imprenable sur la vieille ville avec le château d'Estaing, classé monument historique en 1945 et racheté en 2005 par l’ancien Président de la République Valéry Giscard d’Estaing. Il fut construit au XIIIe siècle autour d’un donjon pentagonal. Nous en reparlerons demain à l'occasion de la visite matinale.


23 km - 560 D+ - 600 D-