Aujourd’hui, nous pénétrerons dans le cirque de Cilaos pour une randonnée matinale. Ce soir, nous dormirons à 2 400 m d’altitude, au gîte de la Caverne Dufour, afin de nous rapprocher au plus près du sommet du Piton des Neiges, l’objectif principal de notre séjour.
Réveil à 5 h pour un départ prévu à 6 h : trois heures de route nous attendent. Cilaos n’est accessible que par la RN5, qui part de Saint-Louis, sur la côte sud-ouest, et remonte les gorges du Bras de Cilaos jusqu’au village, situé à environ 1 200 m d’altitude.
Cette route est surnommée la « route aux 400 virages ». Elle serpente entre ravins et remparts, traverse plusieurs tunnels étroits et offre des panoramas spectaculaires. Il faut compter environ 35 km et une heure à une heure trente depuis Saint-Louis, selon la circulation et les conditions de route.
La chaussée est étroite et exposée aux chutes de pierres. Certains tunnels sont soumis à une circulation alternée : dans ces passages, le véhicule déjà engagé est prioritaire. Dans certains virages sans visibilité, il est également recommandé de klaxonner afin de signaler sa présence.
Conduire dans ces conditions demande une grande concentration. J’ai été bien content d’avoir un bus devant moi pendant environ 5 km : il m’a en quelque sorte ouvert la route. Il est 9 h lorsque nous atteignons enfin Cilaos.
Une interminable descente se profile devant nous, mais le sentier reste agréable. La végétation alterne entre sous-bois touffus et passages plus dégagés, qui offrent de beaux panoramas sur les montagnes environnantes.
Nous prenons véritablement conscience des difficultés qui nous attendent : il n’y a pratiquement jamais de portions planes ; soit l’on monte, soit l’on descend. Heureusement, le spectacle est toujours au rendez-vous.
Il ne nous reste plus qu’à revenir sur nos pas pour rejoindre notre véhicule. Nous aurons mis trois heures pour effectuer ce parcours. À 12 h 30, nous achetons de quoi préparer un pique-nique, puis nous nous installons dans un petit square de Cilaos afin de reprendre des forces, car la deuxième partie de la journée s’annonce plus éprouvante.
Même si le frais se fait sentir au niveau du gîte, le soleil brille encore suffisamment pour nous permettre de savourer l'instant présent avant la tombée de la nuit. Nous prenons possession de notre chambrée, déjà occupée par quatre autres randonneurs, et préparons notre couchage ainsi que nos affaires pour le lendemain. Car demain, le réveil est fixé à 3 h 30 pour un départ à 4 h, condition indispensable si l'on veut espérer assister au lever du soleil au sommet du Piton des Neiges.
Pour l'instant, il faut s'habiller chaudement car le gîte n'est pas chauffé, et le repas est prévu à 19 h. Pour patienter, nous prenons une boisson chaude et décryptons déjà l'incroyable montée du jour, tout en nous posant des questions pour demain, notamment sur les conditions météorologiques, qui ne semblent pas très favorables.
L'heure du dîner arrive, et c'est un rougail saucisse qui nous est servi. Inutile de dire que le riz va avoir un énorme succès. À l'issue du repas, personne ne traîne : les lumières du gîte s'éteignent peu à peu, tandis que le silence ne va bientôt plus être troublé que par quelques ronflements…
Fort de ces informations contradictoires, je retourne à la chambre et fais un bref résumé à mes camarades. Tous sont déjà habillés et la décision ne tarde pas : nous y allons ! De toute façon, c’est quitte ou double : si nous voulons voir le lever du soleil, il faut être au sommet avant 6 h. Il faut également prendre en compte que nous devrons tout redescendre, avec une halte prévue au gîte pour un petit-déjeuner entre 8 h et 9 h.
La nuit est encore profonde lorsque nous entamons l’ascension au milieu d’un chaos rocheux. Heureusement, des marques de peinture blanche, très rapprochées, jalonnent le sentier. Même ainsi, nous nous égarons à quelques reprises. Nous progressons en silence, très concentrés sur notre allure, veillant en permanence à poser les pieds au bon endroit.
Au bout d’une heure de marche, nous atteignons le passage d’un talweg qui marque le début de la Rivière du Mât. Les gros cailloux laissent place à des gravillons et à de la terre, bien moins stables. Nous en venons presque à regretter les blocs rocheux de tout à l’heure. La météo ne s’est toujours pas améliorée et le vent fait son apparition par intermittence. S’il n’y avait, loin devant nous, quelques lueurs vacillantes, nous pourrions nous croire seuls au monde.
La luminosité s’améliore peu à peu et nous constatons que la végétation a presque entièrement disparu. La dernière portion du trajet s’effectue avec, en ligne de mire, une station météo : le sommet n’est plus très loin. À cet instant précis, pas de soleil à l’horizon, mais un vent soutenu de face qui semble vouloir nous interdire l’accès au piton. Il en faut plus pour nous décourager et, une vingtaine de minutes plus tard, nous atteignons le toit de l’océan Indien, à 3 070 m d’altitude. 6 h du matin, la visibilité reste très moyenne, mais la pluie a cessé et nous pouvons enfin nous prêter au rituel de la photo devant le panonceau.
Victoire !
Il ne reste plus qu’à attendre le lever du soleil. Malgré l’envie de se remettre en route, car le froid commence à nous pénétrer, nous gardons confiance. Et notre patience est bientôt récompensée : le ciel se dégage peu à peu, et le rouge devient la teinte dominante. Nous voilà désormais au-dessus des nuages, et le soleil vient enfin nous réchauffer… du pur bonheur !
Comme chaque fois que l’on atteint un sommet, une attraction incontournable nous retient sur place, mais il faut déjà penser à la descente vers Cilaos, qui représente une nouvelle difficulté, et pas des moindres. En rejoignant le gîte pour le petit-déjeuner, nous pouvons mesurer la nature du terrain que nous venons de parcourir, mais nous replongeons aussitôt dans les nuages, le vent et la pluie. La halte nous fait du bien et les boissons chaudes sont réconfortantes ; pourtant, nous ne traînons pas : il est déjà 8 h 30 et il faut redescendre tout le rempart jusqu’au parking. Pas de photo cette fois : la pluie va nous accompagner jusqu’en bas et la vigilance devra être de mise en permanence pour éviter toute glissade susceptible de compromettre le bon déroulement de cette randonnée exceptionnelle.
Quatre heures plus tard, nous rejoignons le parking. Après nous être changés, nous reprenons la route des « 400 virages » pour regagner la côte et son soleil radieux. Un petit repas en bord de mer sera particulièrement apprécié, et ce soir nous ne tarderons pas à nous coucher : dès demain, nous repartons pour deux nouveaux jours de randonnée.
Qui a dit que nous étions en vacances ?






















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De jour comme de nuit, ce quartier offre une ambiance jeune et branchée singulière à Saint-Denis. La journée, c’est un lieu de passage pour actifs et étudiants qui viennent y manger dans les restaurants et snacks des alentours ou sur les bancs qui font face à la Basilique de Saint-Denis.



