dimanche 26 juin 2022

Neuf Brisach - 1° partie - Vauban et art contemporain

A quelques encablures de Châtenois, le long du Rhin , se trouve une ville fortifiée au caractère exceptionnel, Neuf-Brisach. Cette visite va nous permettre de faire un peu d'histoire et de parler d'un personnage célèbre, Vauban.

En 1697, à la signature du Traité de Ryswyck, la France doit rendre la ville de Brisach, appelée aujourd'hui Vieux-Brisach, aux Autrichiens, avec obligation de raser les fortifications. Cette ville située dans l'actuelle Allemagne au bord du Rhin servait de défense à notre territoire. Cette situation est intolérable et la ville fortifiée de Neuf-Brisach va alors être construite "ex-nihilo" sur les ordres du roi de France Louis XIV à partir de 1698. Le génie de Vauban entre en scène et il va sortir de terre une forteresse de plaine et enterrée à bastions en étoile, qui sera un véritable piège pour l’ennemi.


Contrairement aux forteresses de montagne parfaitement adaptées au terrain, et aux châteaux forts du Moyen-Age, qui sont l’un et l’autre visibles d’assez loin, Neuf-Brisach est quasiment invisible de l’ennemi qui devra s’en rapprocher au point de s’exposer systématiquement au feu des défenseurs.



Les travaux d'édifications sont extrêmement rapides au vu des moyens techniques de l'époque, les travaux de Neuf-Brisach débutent en septembre 1698, la ville est fondée en 1699, les fossés sont creusés et les terrassements sont achevés en 1700, les murailles et les casemates de la fortification qui passe alors pour être la meilleure d’Europe, sont terminées en 1703 et la ville sera intégralement bâtie vers 1710.

La ville est concentrée sur un plan octogonal et un canal fut spécialement creusé jusqu'aux Vosges pour acheminer le grès rose nécessaire à la construction. Sur le plan urbanistique, des principes simples régissent l’organisation interne : offrir des circulations pratiques pour que lieux du commandement, du combat et de l’activité civile s’intègrent harmonieusement sans se gêner. Quarante-huit îlots de maisons s’organisent autour de la place d’arme centrale, distincte de la place du marché. Les casernes encadrent le lotissement.

Quant à Vauban, qu’il s’agisse des forteresses à remanier ou à construire de toutes pièces, il considérait que chaque projet nécessitait une adaptation constante au terrain. Modulant ses plans, il cherche à coller au réel, à ce dont on ne peut s’abstraire (situation géographique, reliefs de terrain, qualité des terres et matériaux...).

Outre la recherche d’efficacité, Vauban est aussi un architecte et urbaniste désireux de faire beau à la gloire du Roi, l’esthétique étant alors au service de la magnificence du pouvoir royal. Les parties d’ouvrages tournées vers l’ennemi sont somptueuses.


En dehors de ses honorables dispositions pour la guerre de siège, très économe en pertes humaines, Vauban se penche à chaque instant sur le sort des populations pauvres qu’il aura maintes fois rencontrées0 durant ses innombrables voyages de Flandre en Roussillon, de Bretagne au Rhin et au-delà, de Lorraine en Aquitaine, de Paris en Bourgogne, en Franche-Comté et en Provence…

L’œuvre de Vauban pourrait se résumer ainsi : 48 sièges et 48 victoires, 8 blessures, près de 200 places fortes relevées et corrigées, 33 places nouvellement bâties, dont Neuf-Brisach, la dernière à l'âge de 66 ans, plus de 300 plans et dessins, 147 plans-reliefs, 95 mémoires et traités rédigés sur tous les sujets d’ordre militaires, stratégiques, politiques, maritimes, fluviaux, agronomiques, forestiers, miniers, économiques, religieux, philosophiques…

Vauban s'éteint le 30 mars 1707 à Paris, d’une fluxion de poitrine, à 74 ans. Sa dépouille repose depuis dans l’église de Bazoches, en Morvan, sa terre natale, et l’urne qui contient son cœur est exposée sous le dôme parisien des Invalides.


Après cette leçon d'histoire, nous descendons dans les fossés qui entourent la ville entre 2 ceintures de remparts et nous en ferons le tour complet (2400 m). Nous pourrons admirer les différents écussons encore bien conservés situés dans les angles et profiter de l'exposition d'art contemporain établie dans les douves.

Je vous laisse profiter de la série de photos ci-dessous sans commentaire particulier car je n'ai pas trouvé d'information. A vous de laisser libre cours à votre imagination !

Paresseux !





Masaï ?




Envolée de moineaux !








Le tour effectué nous nous rendons sur la place d'armes centrale et y trouvons un petit restaurant qui nous accueille pour le repas du midi. Ensuite nous poursuivrons la visite de Neuf-Brisach en passant par le MAUSA, le musée arts urbains et street art, avec ces 1200 m2 de surface murale investie par des artistes de renommée internationale dans un site classé patrimoine mondial de l'UNESCO, unique !

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