Avant l'arrivée des pluies allons passer une journée du côté des Vosges du Nord et plus précisément dans les environs de Saverne. Nous poursuivons une trentaine de kilomètres plus haut et pénétrons dans la région forestière de Graufthal pour y découvrir des maisons troglodytiques.
Ces habitations uniques en Alsace sont aménagées sur un surplomb rocheux d'une falaise en grès rose. Restaurés et aménagés, les trois logis pittoresques sont désormais ouverts au public pour découvrir le cadre de vie de leurs anciens occupants.
Bâti au début du XIXème siècle, ce type de construction dans la roche permettait d'économiser des travaux de fondations importants avec une roche qui servait de sol, mur et plafond. En ajoutant une façade elle abritait un véritable lieu de vie. Mais attention à l'humidité qui rendait quand même les conditions d'existence difficiles malgré une orientation plein Sud pour profiter du soleil.
Entrons maintenant dans la maisons des sœurs Ottermann qui furent les dernières occupantes des lieux jusqu'en 1958. A l'époque, les huit enfants de la famille dormaient dans le grenier accessible uniquement de l'extérieur car l'ensemble était constitué d'une cuisine servant d'entrée, de deux pièces, d'une étable et d'une remise.
La cuisine !
La deuxième famille fut les Weber avec un logis constitué d'une pièce d'habitation, d'un atelier-étable et un second étage utilisé comme fenil et dortoir pour les 6 enfants. L'électricité arriva en 1920, seul confort moderne de la maison.
Et la dernière famille, les Wagner, quitta la maison vers 1910 !
Sur la photo ci-dessous vous pouvez apercevoir trois petites fenêtres juste au-dessus des habitations, il s'agit de l'ancienne fabrique d'allumettes installée vers 1845. Quelques panneaux d'informations nous donnent des éléments de compréhension et il est évident que les conditions d'activité étaient particulièrement difficiles. La durée de travail était de 12 heures par jour même pour les enfants de moins de douze ans., de 5 h du matin à 7 h du soir avec 2 h de repos quand même ! Bref on est encore loin des règles actuelles !
Après les maisons nous faisons un petit tour du village qui a la particularité aussi d'abriter 2 églises, une protestante et une catholique.
La sobre protestante !
La colorée catholique !
Dernière découverte de Graufthal, les ruines de son abbaye du VIIIème siècle fondée par Sigebaud, évêque de Metz. Enfin c'est l'une des versions car d'autres historiens imputent la fondation aux comtes de Metz, trois siècles plus tard. Je vous laisse creuser !
Avant de rejoindre Saverne pour le repas de midi nous faisons un détour par le village perché de La Petit Pierre et sa cité médiévale dont l'accès est interdit aux véhicules.
Le tour est rapidement fait car la partie piétonne comprend une rue principale d'une centaine de mètres puis on arrive immédiatement au château positionné sur un éperon rocheux. Les vues sont splendides.
Le site est occupé dès l’époque celte, et un bourg s’y développe. Un château est construit à la fin du XIIème siècle. Au XVème siècle, le château, jusqu’alors propriété de la famille de Lutzelstein est conquis par les Comtes Palatins. L’un de ces comtes, George Jean de Veldenz, développe l’exploitation forestière et minière. Lors de la guerre de Trente Ans, et par la suite, la ville devient d’une grande importance stratégique.
Rejoignons Saverne car l'heure du déjeuner approche à grands pas. Nous nous garons au bord du canal de la Marne au Rhin qui traverse le centre ville et cherchons un restaurant. Nous atteignons en 10 min le coeur pittoresque et sa Grand Rue où nous découvrons la maison Katz, auberge créée en 1405, quoi de mieux !
Après un délicieux repas nous arpentons la Grand Rue pour une courte promenade digestive avant de chercher de nouveau l'ombre de la forêt. Ici une ancienne statue de la déesse Hora auparavant située près d'une fontaine à la gare. Déesse du temps elle possédait autrefois un cadran solaire.
L’église Notre Dame de la Nativité et sa tour romane du XIIe siècle.
Une maison à colombages richement décorée !
Et le fameux château des Rohan, dit le Versailles Alsacien ! Le château était d'abord un château médiéval qui fut transformé en résidence au XVIIIème siècle, résidence détruite par un incendie le 8 septembre 1779. Alors, le propriétaire du château le cardinal Louis René Edouard de Rohan décida la construction d'un palais plus somptueux que l'ancien. Mais l'architecte Salins ne put terminer le palais lorsque éclata la Révolution française. Délaissé jusqu'au Second Empire, le château dut sa conservation à Napoléon III, qui le fit achever pour y loger les veuves des hauts fonctionnaires décédés dans l'exercice de leur fonction. Il abrite aujourd'hui des institutions et un musée. On reviendra.
Située à gauche du Parc du Château des Rohan, voici la tour Cagliostro, du nom du héros sombre et romantique établi à Saverne sur invitation du Prince de Rohan. Il se serait livré à d’obscures expériences plus proches de l’alchimie que de la science. Au XVIIIe siècle, Giuseppe Balsamo, son vrai nom, s’est distingué par sa personnalité énigmatique. Mage, prophète, franc-maçon et escroc, cet homme aux multiples facettes a parcouru l’Europe en vendant des cures miraculeuses.
Le port fluvial !
Pour clore cette journée dans les Vosges du Nord, il nous reste une dernière visite à faire. Dirigeons nous maintenant vers le Mont Saint Michel ! Le GPS nous indique une distance de 880 km, beaucoup trop pour cette fin d'après-midi. Une nouvelle recherche nous donne cette fois 6 km, voilà qui est mieux.
En fait il s'agit d'un massif situé sur les hauteurs de Saint Jean Saverne à 437m d’altitude. Sur ce dernier, on y trouve la chapelle Saint Michel, le rond des sorcières ou la grotte des fées.
Nous y accédons par une petite route forestière et le déplacement en vaut la peine car de la haut, nous avons une magnifique vue en panorama sur la plaine d'Alsace.
Pour aujourd'hui nous en resterons au sommet et à une petite visite de la chapelle.
La Chapelle Saint Michel !
La tête du chat à l'entrée, petit gardien de ce lieu sacré !
Et bien sûr l'archange au dessus de la porte d'entrée !
Ou encore sur un tableau derrière l'autel en train de terrasser le dragon !
Belle sculpture en bois d'une femme en prière faite à la demande de la population locale en remerciement de la protection de la cité lors de la Deuxième Guerre Mondiale.
Nous reprenons le chemin du retour et nous savons déjà que nous reviendrons dans cette région propice à de belles randonnées avec une halte gourmande dans le superbe chalet du Club Vosgien installé au sommet du mont.
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