Jeudi 5 septembre. La journée d'hier a été riche en enseignements et nous possédons désormais une meilleure idée des capacités de nos machines, ainsi que de notre condition physique personnelle. Pas de pépins pour l'instant et seul le temps est maussade ce matin. Encore un départ avec les vestes de pluie que nous garderons une bonne partie de la journée. Cette quatrième étape est qualifiée de transition, puisqu'elle ne comporte que 60 km pour 1200 m de dénivelé. Nous avons opté pour la variante sud suggérée par la GTMC pour deux raisons, d'une part, la distance à parcourir va nous permettre de récupérer avant les grandes étapes, et, d'autre part, cela répondra à un besoin crucial pour Denis, à savoir faire un peu de tourisme ! Et quoi de mieux que de passer par un site légendaire de notre histoire de France, le Mont Beuvray et l'oppidum de Bibracte. Au départ, les chemins sont très praticables et il nous faut moins de 25 minutes pour atteindre notre premier point caractéristique, les sources de l'Yonne. Nous nous trouvons à 738 m d'altitude sur les pentes du mont Préneley et l'Yonne naît d'une résurgence au cœur d'une tourbière. Cela fait plus de 2000 ans que l'Homme a marqué cet endroit, et aujourd’hui, seules 3 traces de vtt témoignent de son passage sur ce sentier.
Une légère descente et nous entamons notre dernière "grosse" ascension du jour pour atteindre le point culminant, le sommet du Mont Beuvray et ses 821 m. Nous entrons dans l'Histoire, sur le site de Bibracte, l'ancienne capitale gauloise du peuple des Eduens, rien de moins. Le mince brouillard qui nous enveloppe intensifie l'atmosphère envoûtante de ce lieu et les hêtres aux silhouettes tourmentées appelés Queules accentuent le caractère énigmatique de cet endroit hors du commun. Malgré l'attraction naturelle du lieu, il faut bien repartir et nous nous engageons dans 3 km de descente qui demandent de la vigilance, car des portions ont de forts pourcentages et la présence de cailloux exige un pilotage attentif. Sans le savoir, nous traversons notre dernière forêt de la journée, ensuite, nous évoluerons entre plaines et bocages.
La Rochemillay, profitons de l'hospitalité de "la sorcière" pour déguster un café en terrasse. Le temps est morose, toutefois la patronne refuse que nous souillons son estancot. Il s'en faut de peu que nous poursuivions notre chemin. Denis va se promener pour décompresser pendant que nous commandons notre boisson. Elle nous sert notre collation et, remarquant mes jambes griffées par les ronces, elle revient plus tard avec un onguent qu'elle applique en épaisseurs généreuses. Finalement, je l'aime bien la mégère, d'autant plus que, le soir au gîte, je vais pouvoir constater l'efficacité de ce remède miracle. Les chemins deviennent de plus en plus faciles et nous quittons le Morvan pour pénétrer en terres bourbonnaises. Passage par Luzy pour notre déjeuner et un dessert très apprécié avant une pause à Issy-l'Évêque et son église romane.
Le château de Montperroux apparaît sur sa colline, c'est notre point de repère pour quitter le tracé de la GTMC et rejoindre notre gîte situé dans une ferme. Nous avons de l'avance, ce qui nous laisse le temps de rallier le village de Grury pour y faire le plein de bonnes choses aussi bien solides que liquides pour ce soir. Passage par l'église pour découvrir cette énigmatique dalle dont je vous livre le secret ci-dessous. Ce jour, nous avons vraiment tout le loisir de nous remettre en condition, réparer un pneu crevé, faire une lessive et surtout prendre une bonne bière devant un paysage bucolique.

























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