Harlem, Central Park et l'Empire State Building de nuit !
Dimanche 25 mai. Ce matin réveil au clairon car nous devons nous présenter au croisement de la 165ème et Amsterdam pour 8 h. Je vous laisse étudier la carte de Harlem.

Comme à l'accoutumée, l'équipe est fin prête et nous nous retrouvons pour un café au point de départ de la visite. Nous avons quitté l'hôtel vers 7 h pour rejoindre la station de métro de la 23ème rue et prendre la ligne 1 en direction du nord pendant une trentaine de minutes. Sortis à la station 168ème, nous marchons encore une dizaine de minutes pour atteindre le lieu de rendez-vous, le bar colombien "Salento Café". La spécialité de la maison est le "pastel", sorte de gâteau à base de pâte feuilletée garni aussi bien de fromage que de divers fruits. Évidemment, nous en goûtons plusieurs !



Le Salento !

Tout en profitant de ce petit déjeuner, nous faisons connaissance avec les autres membres du groupe qui ont eu la même idée de venir plus tôt sur place ainsi qu'avec notre guide pour la matinée. Au programme, une messe de 1 h 30 avec du gospel et trois heures de balade à travers les différents quartiers de Harlem.
Harlem, berceau de la culture afro-américaine : nous déambulons au milieu de beaux quartiers rénovés avec ses célèbres "Brownstone", maisons en grès rouge emblématiques. Fini l'image du ghetto, ici aussi la gentrification fait son chemin et l'art mural a remplacé les slogans violents. Nombreuses sont les rues classées au patrimoine, faciles à identifier grâce à leurs panneaux bruns, qui se distinguent du traditionnel vert new-yorkais.. Commençons immédiatement Sylvan Terrace et Jumel Street !
Sylvan Terrace est un excellent exemple des premiers développements de logements locatifs new-yorkais. Avec l'expansion de la ville vers le nord (à partir de Battery Park), le besoin de logements abordables s'est accru. Cette rue présente des modèles de ces premiers appartements locatifs, toujours en service aujourd'hui. Nous traversons ce quartier très agréable en empruntant la rue joliment pavée et nous débouchons juste devant la Morris-Jumel Mansion.

Ce que nous appelons aujourd'hui le manoir Morris-Jumel fut construit vers 1765 comme résidence d'été pour le colonel britannique Roger Morris, son épouse, Mary Philipse Morris et leurs enfants. La richesse de l'héritière anglo-néerlandaise Mary Philipse permit de construire la demeure avec de nombreux détails architecturaux et des commodités modernes. Il faut essayer d'imaginer qu'à l'époque, ce ne sont que terres agricoles et forêts avec vue sur l'Hudson car nous sommes sur le deuxième point haut de l'île de Manhattan. Aujourd'hui, point de ligne d'horizon. Cette maison est donc l'une des plus anciennes de New York, a eu plusieurs propriétaires et le 15 septembre 1776, le général George Washington l'occupa avec ses officiers et son personnel, sa situation élevée et sa taille en faisaient un quartier général idéal pendant la guerre d'Indépendance. Je vais m'arrêter là pour les explications mais je vous invite, si vous êtes curieux, à voir le site internet
https://morrisjumel.org/visit/ qui est particulièrement complet.


Tout en déambulant, la guide évoque l'histoire des Noirs américains et nous découvrons un patrimoine riche et éclectique, véritable résumé de l'histoire de l'architecture new-yorkaise, de brownstones de la fin du XIXème en immeubles de style néo roman, néogothique ou néo renaissance.
Brownstone !
Néo renaissance !
Un lieu de résidence de Duke Ellington !
Mais aussi des fresques murales !
Il est bientôt 9 h 30 et nous apercevons l'église méthodiste Saint Luc. Nous sommes accueillis en fidèles bienvenus et d'autres touristes sont déjà installés aux balcons supérieurs. Grâce à notre guide, nous avons le privilège d'être assis en bas parmi les habitués. La messe peut commencer. Près de deux heures de chants et de prêches “endiablés” nous attendent. Dommage que vous ne puissiez pas entendre le sermon : on se croirait vraiment dans un film, “The Gospel” ou “Sister Act”, avec une excitation qui atteint son paroxysme et une fidèle qui part en transe pendant une quinzaine de minutes. Déroutant, voire traumatisant pour Béa… mais elle s’en remettra !





Après cet épisode très original, nous reprenons nos esprits en poursuivant notre visite et notre guide continue de distiller ses informations sur l'émergence du mouvement des droits civiques et l'apparition de figures politiques tels Marcus Garvey, Adam Clayton Powell Jr ou Malcom X.

Tout l'esprit de Harlem !
Adam Clayton Powell a joué un rôle déterminant dans l'adoption de lois faisant du lynchage un crime fédéral, ainsi que de projets de loi abolissant la ségrégation dans les écoles publiques. Il a contesté la pratique du Sud consistant à faire payer aux Noirs une taxe électorale pour voter. Cette taxe pour les élections fédérales fut interdite par le 24e amendement, adopté en 1964.


En parlant d'histoire, voici le fameux Apollo Theater, lieu emblématique de la musique noire américaine qui prendra son envol à partir des années 40. Entre fin 1865 et début 1866, une salle de bal, appelée Apollo Hall, est ouverte par un ancien général de la Guerre de Sécession, Edward Ferrero. Une fois son bail achevé, en 1872, le bâtiment est converti en théâtre, qui ferme ses portes au tournant du siècle, mais le nom « Apollo Theater » demeure. Depuis 1934, l'Apollo célèbre, crée et présente des œuvres mettant en valeur les artistes et les voix noires de toute la diaspora africaine . Il est également un catalyseur de mobilisation sociale et civique. Aujourd'hui, l'Apollo est la plus grande institution artistique dédiée à la culture et à la créativité noires.
Devant la fresque "Planet Harlem"
En pleine rue !
Nous en avons pris plein les yeux et appris beaucoup de choses. Voilà une matinée rondement menée et la fin du parcours se situe quasiment devant l'entrée nord de Central Park, à 10 minutes environ. La décision est prise facilement, nous allons traverser le parc dans toute sa longueur et l'objectif est de trouver le fameux hot-dog new-yorkais.
Central Park, autre lieu mythique, fait à peu près 5 km de long. C'est le poumon vert de New York avec ses lacs artificiels, ses aires de pique-nique, ses terrains pour le sport, son zoo, ses espaces protégés et ses zones de jeux. Nous croisons joggeurs et cyclistes en nombre, c'est le lieu favori des new yorkais pour la pause de midi. A ce propos, nous poursuivons notre quête du hot-dog. Enfin un stand qui le propose, j'avoue quand même que l'on est loin du produit attendu mais peu importe nous avons réalisé la mission.
Objectif atteint !
Le grand réservoir !
Les espaces pour le sport !
Comme à Paris, il y a aussi un obélisque à New York. Situé entre la Grande Pelouse et le Met Museum, l'obélisque, appelé la Grande Aiguille, est le plus ancien monument en plein air de New York. Dans les années 1870, le gouvernement égyptien a offert un obélisque à l'Angleterre, et le second a été offert aux États-Unis pour commémorer l'ouverture du canal de Suez .
Alice au pays des merveilles a aussi sa place à Central Park !
La lac aux bateaux !
Encore une belle histoire. En règle générale, les statues honorent des hommes et des femmes célèbres. Petite surprise à New York : une statue en bronze rend aussi hommage à… un chien. Mais ce husky du nom de Balto n’était pas un chien comme les autres : il a été élevé au rang de héros en 1925 !
Son histoire est digne d’un film d’aventure. En décembre 1924, la petite ville de Nome, en Alaska, est frappée par une épidémie de diphtérie or le dispensaire de la ville arrive à court de médicaments pour soigner tous les malades. Vingt chiens de traineaux sont alors envoyés dans la tempête depuis Anchorage pour apporter le sérum. Un périple de plus de 1000 km ! Balto était l’un des chiens de tête de la meute et ses efforts ont permis à toute la meute d’avancer et d’arriver au plus vite.
La statue a été réalisée par le sculpteur américain Frederick George Richard Roth et elle a été installée dans Central Park le 15 décembre 1925, en présence du vrai Balto.
Comme au Canada, les Etats-Unis ont fini par mettre en valeur des femmes remarquables. Le Monument des pionnières des droits des femmes est une sculpture de Meredith Bergmann. Elle a été installée le 26 août 2020, Journée de l'égalité des femmes. La sculpture commémore et représente Sojourner Truth ( vers 1797-1883 ), Susan B. Anthony (1820-1906) et Elizabeth Cady Stanton (1815-1902), pionnières du mouvement pour le droit de vote des femmes et pionnières du mouvement plus large pour les droits des femmes.
Il s'agit de la première sculpture de Central Park depuis 165 ans à représenter des femmes historiques et elle a été créée pour « briser le plafond de bronze » car, auparavant, les seules autres figures féminines représentées dans le parc étaient Alice d'Au pays des Merveilles et Juliette de Roméo et Juliette.
Nous pourrions passer plus d'une journée dans cet immense parc. L'après-midi est bien entamé, nous aussi d'ailleurs, lorsque nous atteignons la sortie sud sur Central Park South. Un petit tour du côté de Colombus Circle pour voir la statue de Colomb et nous prenons le métro ligne 1 direction Downtown pour nous rapprocher de l'hôtel car la journée n'est pas finie...et on a une lessive à faire.
La 7ème avenue derrière nous !
Vers la 59ème rue !
Une dernière photo à l'angle Sud Ouest du parc devant l'USS Maine National Monument qui est dédié depuis le 30 mai 1913 aux hommes tués à bord de l'USS Maine lorsque le navire a mystérieusement explosé dans le port de la Havane en 1898. Ce fut l'événement déclencheur de la guerre hispano-américaine, conflit qui marqua la fin de la domination espagnole sur Cuba et l'entrée des États-Unis dans l'île.
Columbus circle !
Dernier point vue sur des gratte-ciel avant de pénétrer sous terre !
Retour à l'hôtel !
Il est 17 h et nous prenons un peu de repos à l'hôtel avant de repartir pour notre prochaine quête. Avec Thierry, nous partons à la recherche d'une laverie, la première est surchargée, la deuxième ne peut pas rendre le linge avant demain, la troisième sera la bonne et en plus il y a un super Happy Hour juste à côté, combo gagnant. Nous pouvons nous détendre tranquillement pendant trente minutes. Nous rapportons tranquillement le linge propre et nous n'avons plus qu'à attendre 20 h pour chercher à dîner. Nous remontons la 7ème avenue et nous nous restaurons chez "Bravo Pizza".
Nous sommes maintenant à 20 min à pied de notre visite de ce soir, l'Empire State Building. Nous refaisons un sommet de gratte-ciel, mais de nuit.
Sa construction commence le 17 mars 1930 et il sera le premier bâtiment au monde de plus de 100 étages. C'est l'un des symboles les plus célèbres de New York et il apparaît dans de très nombreux films. Sa photo est dans le monde entier et le petit musée à l'entrée est remarquable.
Béatrice va redescendre par l'extérieur !
Prenons l'ascenseur ! 45 secondes plus tard nous voilà au 86ème étage, à 320 m de haut, record battu ! Le vent est bien présent et nous prenons vite conscience de la hauteur vertigineuse du gratte-ciel ; la vue de New York la nuit est juste éblouissante !
Il n'y a pas grand chose à ajouter, et de retour sur le plancher des vaches, nous retrouvons notre condition de fourmis, happés de nouveau par le tourbillon de vie électrique qui s'échappe entre tous ces gratte-ciel rutilants de Manhattan. Nous retournons vers l'hôtel sans empressement car l'activité de demain n'est prévu que vers 10 h et c'est les yeux pleins d'étoiles que nous nous endormirons !
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