jeudi 2 juillet 2026

Juin 2026. De Saint Côme d'Olt à Estaing !

12 juin 2026.

Aujourd'hui nous augmentons encore la distance et le tracé est composé de montagnes russes avec 2 ascensions importantes. Nous traversons le Lot dès la sortie de Saint Côme et il nous servira de fil conducteur lors du premier tiers du parcours.


Nous prévoyons notre pause café à Espalion !


Voici une maison d'altitude traditionnelle souvent appelée "buron". Ce sont des constructions en pierre, typiques des montagnes du Massif central, notamment dans l'Aubrac. À l'origine, ils servaient d'abri aux bergers pendant la période de l'estive (de mai à octobre), lorsque les troupeaux montaient paître dans les pâturages d'altitude.

Aujourd'hui, beaucoup de burons ont été restaurés et transformés en gîtes ou en restaurants, tout en conservant leur charme authentique.


Espalion au loin !


Nous approchons maintenant d'une formation géologique exceptionnelle, le Puech de Vermus. Il s'est formé il y a plus de sept millions d'années par la rencontre du magma et de la nappe phréatique, créant ainsi des explosions très violentes.


Un petit lac de lave s'est figé en formant des orgues bien visibles au fond de la carrière. Béatrice est à droite au milieu. Un peu plus loin apparaissent quelques amas de pierres bâties, témoins de la présence humaine qui cultivait des potagers secs comme les lentilles.


Nous venons d'atteindre notre premier point haut du jour, la Vierge de Vermus, érigée en 1865 par le sculpteur espalionais Louis Castanié. Devait-elle tourner son regard vers Espalion ? Vers Saint Côme ? La question fut résolue en lui faisant fixer les paysages de l'Aubrac.

Espalion en arrière-plan !

La culture en terrasse fut beaucoup développée également. Appelées banques, coultades ou coltes, elles sont présentes dans ces paysages vallonnés et encaissés. Orientées au sud essentiellement pour profiter d'un maximum d'ensoleillement, elles accueillaient de la vigne et des cultures de seigle.

Nous entamons notre descente vers Espalion, et, nichée au creux d'un vallon arboré, voici l'église romane Saint Pierre de Perse, toute en grès rose.


C'est un joyau de l'Art Roman qui fut la première église paroissiale d'Espalion. C'est l'occasion de déposer un peu le sac et de faire une visite pour admirer son clocher peigne typique et son tympan richement orné.





Encore 2 km et nous atteindrons Espalion. Les rives du Lot apparaissent et l'accès jusqu'à la ville est ombragé.

Avez-vous remarqué le château sur son piton basaltique ? Voici le château fort de Calmont d'Olt, jalon important du Rouergue médiéval. Il domine depuis le IXe siècle la ville d'Espalion, la vallée du Lot, l'Aubrac et les Causses.

Une statue de scaphandrier attire maintenant notre attention sur la rive opposée. Elle rend hommage à Benoit Rouquayrol, ingénieur des Mines, et Auguste Denayrouse, lieutenant de vaisseau. En 1864, ces deux espalionais, présentent une invention révolutionnaire, l'appareil-plongeur doté d'un réservoir régulateur de pression qui sera "l'acte de naissance du scaphandre autonome moderne". 


Quelle perspective ! La vielle ville se reflète dans les eaux calmes du Lot et voici son emblème, le Pont-Vieux, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Construit sous les Seigneurs de Calmont, il servait aux échanges commerciaux et aux déplacements des pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Jusqu’au XVIIIe siècle, le pont était doté de tours, de boutiques et d’un pont-levis, témoignant de son dynamisme passé.

Véritable œuvre-d 'art !

Juste avant de pénétrer en ville, voici maintenant la statue du sport typiquement aveyronnais, les quilles de huit. Nous aurons l'occasion d'en parler un peu plus loin.

Nous prenons le temps de flâner en arpentant le centre ville au milieu des étals car aujourd'hui il y a un marché. Nous faisons quelques provisions et testons un produit local, le farçou. C'est une charcuterie à base de viande de porc (généralement de la panse ou de l'estomac), farcie avec un mélange de viande hachée (porc, parfois agneau), de lard, d'oignons, d'ail, de persil, et d'épices (sel, poivre, thym, laurier). Une fois cuit, le farçou a une texture moelleuse et fondante, avec un goût riche et légèrement fumé. Il est souvent poêlé ou grillé, et peut être servi chaud ou froid. Le nôtre est plutôt végétarien car il est composé essentiellement de blettes et de persil. Nous en mangerons d'autres lors de la randonnée.


Après cette longue pause, il nous faut reprendre le chemin car il reste encore près de 13 km. Avant la deuxième difficulté, nous passons devant la discrète église en grès rouge de Bessuéjouls.

Près de 1 km à 15% se présente devant nous, heureusement que la plupart du temps, le sentier est à l'ombre.

Nous avons atteint le plateau !


Et encore un abri œuvre-d'art !

Nous redescendons progressivement pour arriver devant la chapelle de Trédou qui constituera un magnifique panorama pour notre pause déjeuner.

Pain, saucisson, fromage et café !

Passage par une grande prairie !

Et nous voici au hameau de Verrières qui possède un superbe château et sa propre chapelle. Il n'y a que quelques maisons mais elles sont toutes en parfait état, remarquable !



Sans nous en apercevoir, nous nous sommes rapprochés du Lot et nous entamons notre dernière ascension pour franchir un massif que la rivière a contourné en formant un méandre impressionnant, du moins sur la carte, car pour nous, point de vue, nous sommes en pleine forêt. La chaleur est bien présente mais l'approche finale est plutôt à l'abri du soleil.

Le panneau Estaing signale la fin de notre étape du jour et nous rejoignons tranquillement notre gîte non sans être passé par l'office du tourisme pour récupérer un plan du centre ville que nous visiterons demain matin avant de partir car la quatrième journée de marche sera la plus courte.

Ce soir nous serons chez Marie et Rémi qui se sont rencontrés sur le chemin. Au menu, du riz bien sûr, accompagné de chili. Encore des nouvelles connaissances et autant de parcours différents.

La statue de François d'Estaing, évêque de Rodez en 1905 !

Le Lot !

Et une vue imprenable sur la vieille ville avec le château d'Estaing, classé monument historique en 1945 et racheté en 2005 par l’ancien Président de la République Valéry Giscard d’Estaing. Il fut construit au XIIIe siècle autour d’un donjon pentagonal. Nous en reparlerons demain à l'occasion de la visite matinale.


23 km - 560 D+ - 600 D-

mercredi 1 juillet 2026

Juin 2026. De Saint-Chély d'Aubrac à Saint Côme d'Olt !

11 juin 2026.

2ème étape qui nous fera entrer en Aveyron en moins de 3 kms. Nous resterons ainsi 5 jours dans le nord de ce département, plus précisément dans la vallée du Lot. Nous augmentons la distance et le dénivelé pour habituer progressivement notre corps à l'effort. Le profil de l'étape comporte plus de descentes que de montées, signe que nous quittons les hauts plateaux auvergnats.

Nous quittons notre gîte vers 8 h et de nombreux randonneurs sont déjà en chemin. Un dernier regard sur le pont des pèlerins et nous prenons notre rythme pour la première ascension du jour.


Entre prairies et sous-bois !

Déjà les alpages ! C'est ici que le chemin de Compostelle, ralliant la Domerie d'Aubrac, rejoint l'antique voie romaine qui reliait Lyon à Bordeaux (voie Bolène dite via agrippa). Au Moyen Âge, les chemins en usage sont la continuité des voies romaines, parfois modifiées pour faciliter le passage. Par Domerie, il faut comprendre hôpital ou monastère.


Chemin ombragé !

Et parfois resserré !



5ème km. Nous atteignons le hameau de Lestrade et son ancien four à pain transformé en halte café ou chacun donne ce qu'il veut. Nous y faisons une courte pause photo car nous avons notre propre ravitaillement et il est encore un peu tôt pour s'arrêter. Mais, à propos de four, pourquoi celui-ci est-il "banal" ? Et bien, ce nom vient de ban-banalité, l'obligation faite aux paysans de se servir du four du seigneur, moyennant une redevance. 

Quelques kilomètres plus tard nous trouvons ce bel endroit pour la pause café !

La vallée du Lot (Olt en occitan) est toute proche. Encore un petit effort et nous quitterons les pentes des contreforts de l'Aubrac pour un cheminement plus facile, dans la douceur de la vallée. L'altitude baissant, le chêne a définitivement pris le dessus, sur les versants sud, par rapport au hêtre qui occupe les versants nord jusque dans les vallées. Les terres plus favorables aux cultures, font apparaître un habitat plus dense.

Au 10ème km, nous atteignons un fond de vallon et notre dernière difficulté se présente à nous car il faut bien en ressortir.


Passage d'un gué !

Objectif en vue !


Arrivée sur Saint Côme d'Olt. Evidemment nous avons encore de l'avance par rapport à la disponibilité du gîte aussi nous en profitons pour visiter ce charmant village. 

Avec son plan de ville circulaire, son enceinte fortifiée percée de trois portes et ses tours médiévales, Saint-Côme d’Olt, offre un ensemble architectural riche issu du Moyen-Age. En visitant la cité, nous pouvons admirer de beaux vestiges du passé et des monuments tels que le portail Renaissance de l’église, les demeures bourgeoises des XVe-XVIe siècles ou la chapelle des Pénitents. Anciennement chapelle de Saint-Pierre de la Bouysse, elle se situe sur la principale draille (chemin de transhumance) venant de l’Aubrac.

L’église gothique du XVIe siècle est coiffée d’un curieux clocher flammé. Elle fut construite par Antoine Salvanh, célèbre architecte rouergat. Sa nef est élancée avec une voûte en ogives prismatiques. Ses portes sont cloutées chacune avec 365 clous en fer forgé, et comprennent 15 médaillons sculptés de têtes de personnages et d’animaux fantastiques.

Saint-Côme d’Olt offrait autrefois aux voyageurs les premiers soins infirmiers après la difficile traversée de l’Aubrac. Saint Côme est d’ailleurs l’un des saints patrons des infirmiers.


Le clocher flammé !



Il nous reste du temps, et de l'énergie, alors nous effectuons le chemin de croix qui domine le village, et nous aurons ainsi une belle perspective sur la cité médiévale et sur un phénomène géologique local, le Clapas de Thubiès. Cet éboulis semble couler vers Saint Côme tel un torrent pétrifié. Improprement appelé "coulée de lave", en français, le terme occitan Clapas, le définit plus précisément car s'il est bien d'origine volcanique, le Clapas est avant tout un éboulement. Alors qu'elle creusait la vallée, l'érosion, durant des millions d'années, a dégagé puis raboté un piton de lave solidifiée en forme d'orgues basaltiques, expliquant ainsi la régularité et l'aspect des blocs.

Le Clapas au centre de la photo !


16 h. Nous sommes les premiers au gîte et nous dînerons avec de nouveaux randonneurs que nous reverrons plus tard sur le chemin. Après la douche, nous retournerons dans le village pour profiter de l'ouverture de l'épicerie (ravitaillement du midi) et de la pharmacie pour l'achat d'une crème de massage pour détendre les muscles. Il faut savoir se préserver.

Saint Chély d'Aubrac - Saint Côme d'Olt

19 km - 450 D+ - 900 D-