mercredi 21 octobre 2026

De l'île Bourbon à l'île Rouge ! Jour 8 à Madagascar - Du parc de Ranomafana à Ambalavao en passant par Fianarantsoa !

RANOMAFANA / FIANARANTSOA / AMBALAVAO (ENVIRON 112 KM +/- 4H)

11 septembre 2026.

Petite étape aujourd'hui avec seulement 112 km au programme, de quoi souffler avant la très longue route de demain (290 km). Nous retraversons Ranomafana et remontons la vallée de la Namorona, en empruntant la RN 25 en sens inverse jusqu'à sa jonction avec la RN 7. La route serpente à travers un paysage de collines boisées, de rizières et de hameaux. Le trajet offre un contraste saisissant : d'un côté, l'atmosphère humide de la forêt de montagne, brume, végétation dense, rivières et torrents, de l'autre, les rizières en terrasses, les cultures sur les pentes et les villages ruraux.

Départ sous soleil !

Lavage du linge juste derrière notre hôtel !

Sortie de Ranomafana !

Arrêt photo à la cascade, et avec le soleil, on la découvre enfin !

Les enfants essaient de se faire une petite pièce en évacuant l'eau des trous !


Petit arrêt dans la montée car Momo a aperçu quelque chose dans les arbres ! Attention au camion !

Quel œil ! Un caméléon perché sur une branche !

Remonter la vallée est la partie la plus difficile à cause des nids de poule, de l'étroitesse de la route et des virages qui obligent à beaucoup de vigilance de la part du chauffeur car les camions sont nombreux. Ensuite nous retrouvons une route nettement moins dégradée qui offre des possibilités aux cyclistes sportifs, vision incroyable !

Traversée de hameau !

Transport d'immenses enceintes pour la fête au village, sûrement un retournement !


Ecolières en tenue !


Les rizières font leur apparition, et les travaux battent leur plein. Momo arrête le véhicule au bord d'un champ pour nous laisser profiter du spectacle : sous nos yeux se déploie une véritable chorégraphie. Les zébus émottent la terre, aplanissent le terrain et préparent ainsi le repiquage du riz sous les yeux amusés des enfants qui pataugent allègrement dans la boue.







Notre présence ne passe pas inaperçue : en un rien de temps, les enfants accourent de tous les champs alentour !








Pendant ce temps, de l'autre côté de la route, se joue une autre scène tout aussi chorégraphiée : le repiquage des plants de riz, un véritable ballet. Nous observons un moment, puis Momo propose à Béatrice et à Sylvie une initiation grandeur nature à ce travail des champs, typique de la région. Ni une ni deux, les voilà embarquées toutes les deux ! Momo appelle quelques femmes au travail pour leur expliquer sa proposition, et des sourires illuminent aussitôt leurs visages. C'est bien la première fois que des « wazas » s'essaient à leur tâche : c'est donc avec une grande application qu'elles expliquent ce qu'il faudra faire.

La séance commence au bord de la route avec la découverte des plants de riz !

Puis il faut rejoindre le champ de boue en prenant garde à ne pas tomber !

Une fois apprivoisés le contact de la boue liquide et son effet de succion, il reste à apprendre le geste ancestral du repiquage. En quelques minutes, la technique est maîtrisée — mais on est encore loin de la vitesse d'exécution des paysannes ! L'essentiel n'est évidemment pas là : après les sourires, quel bonheur d'entendre les fous rires du petit groupe de femmes qui s'est formé, et d'avoir contribué, un tant soit peu, à créer ce moment de bonne humeur qui restera longtemps gravé dans la mémoire de toutes les participantes.

La scène est tellement surréaliste que deux bus de touristes allemands s'arrêtent, et tout le monde débarque pour prendre des photographies. On aurait pu demander des droits d'auteur !

Après ce moment exceptionnel, nous reprenons la route mais auparavant il faut faire un brin de toilette !

Moyens de transport divers !




La densité de population augmente et le trafic devient plus important, nous sommes proches de Fianarantsoa. Souvent appelée « Fianara », c'est la grande ville des Hautes Terres du sud de Madagascar, capitale de la région Matsiatra et cœur historique du pays betsileo. Perchée vers 1 200 m d’altitude, elle mêle vieille ville en briques rouges, quartiers populaires, vie religieuse intense et paysages de collines.

La ville s’étage sur les pentes en trois ensembles distincts : la Haute-Ville, la ville intermédiaire et la Basse-Ville. Cette organisation traduit encore l’ancienne hiérarchie sociale : les élites et les édifices religieux dominaient les hauteurs, tandis que les quartiers commerçants et populaires se déployaient plus bas.

La Haute-Ville, que nous allons visiter avec un guide, est le quartier le plus évocateur : ruelles étroites et parfois pavées, maisons traditionnelles en brique, balcons de bois, églises et temples anciens. On y trouve notamment la cathédrale d’Ambozontany et le temple Antranonbiriky, témoins du rôle majeur du christianisme dans l’histoire urbaine.

Il existe seulement 4 lignes de chemin de fer à Madagascar et le train n'est pas considéré comme un moyen de transport sûr et rapide. Avec une fréquence de 1 passage par jour et un horaire indéfini, nous avons beaucoup de chance d'apercevoir le seul train qui passe à Fianarantsoa.


Nous arrivons bientôt à la Haute Ville, où Momo nous confie à un guide pour une promenade d'une heure, en toute sérénité. 

Passage par un marché !


Joueurs de dominos !



Un centre de santé de base de 2ème niveau. C’est un dispensaire public de proximité, généralement implanté au niveau d’une commune, qui constitue le premier recours médical pour la population rurale. Il est plus complet qu’un CSB1 car il dispose d’un médecin et souvent d’une maternité.

Nous poursuivons notre déambulation !

Eglise protestante !

Boutique !

Simple comme séchoir !

Bible sculptée sur le fronton d'un bâtiment !

Cette porte en bois sculpté représente une vue panoramique de la Haute-Ville de Fianarantsoa. Le bas-relief sur les deux battants de la porte illustre les toits, les ruelles en pente et les édifices emblématiques de ce quartier historique malgache, notamment le secteur autour de l'église protestante.

Relax !

Et voici une magnifique entrée avec un panneau recouvert de carreaux en terre cuite qui représentent des scènes de la vie quotidienne, ici la culture du riz.

Nous arrivons au point le plus haut et nous sommes surpris d'y trouver une vieille masure...

...et une école primaire publique !

Cependant il existe aussi un monument très discret et protégé par une enceinte métallique. Heureusement qu'il y a le guide sinon nous n'aurions jamais su de quoi il s'agit. Cette pierre plate, longue et imposante est la Vatomasina (la « pierre sacrée ») de Fianarantsoa, située dans le quartier historique de la Haute-Ville.

Historiquement, cette table monolithique servait de lieu de rituels et de sacrifices lors de grandes cérémonies officielles et royales. C'était un espace hautement sacré : on y sacrifiait traditionnellement des zébus en offrande pour invoquer la bénédiction des ancêtres et des divinités. Le souverain ou ses représentants y prononçaient des discours sacrés et y prenaient les grandes décisions politiques et communautaires devant le peuple. Elle faisait office d'autel de consécration, symbolisant l'alliance indéfectible entre la royauté, la terre et le peuple.

Entrée de l'école publique !

Retour vers le véhicule !

Passage devant un lavoir !

Trace de la présence française !

Vendeuses de riz !

Bien accompagnées !

A la sortie de l'école, les enfants reçoivent un goûter !



Jean-Marie essaie de pousser un chariot !

Il est midi et Momo nous amène dans un restaurant tenu par l'un de ses amis et nous passons un excellent moment.

La route de Fianarantsoa à Ambalavao est un court tronçon d’environ 55 à 60 km sur la RN7, généralement parcouru en 1 h à 2 h en voiture. C’est l’une des transitions les plus marquantes de Madagascar : on quitte progressivement les rizières et collines betsileo pour entrer dans un paysage plus sec, minéral et méridional, les reliefs de granit deviennent plus présents et la végétation se fait plus clairsemée. Ambalavao marque ainsi la porte des paysages méridionaux : massifs granitiques, vastes horizons, vignobles et premières teintes plus arides qui annoncent Ihosy et l’Isalo.



Le paysage évolue entre rizières et falaises granitiques !



Il y a encore de la place à bord !

Sacs de charbon de bois !

Parfois le bitume disparaît !

Belles constructions !


Costumes colorés !



Ambalavao se trouve précisément à la charnière entre les Hautes Terres betsileo et le pays bara. Son grand marché aux zébus est un point de rencontre où les éleveurs et bergers, parfois venus de très loin, vendent ou échangent leurs animaux après des déplacements liés au pastoralisme et à la transhumance. Devant nous apparaît justement un troupeau. Le zébu est au centre de ces sociétés : il constitue une richesse, un moyen d’échange, un prestige social et un animal rituel. La transhumance n’est donc pas seulement une stratégie agricole ; elle s’inscrit dans des rapports sociaux, familiaux et religieux très forts.


La distance à parcourir est très variable. Pour les convois ci-dessous venus du Sud vers les abattoirs du Nord, la distance peut atteindre environ 1 000 km. Les bouviers avancent généralement à raison d’environ 30 km par jour, avec des haltes dans les villages pour se ravitailler ; un trajet peut ainsi durer 30 à 40 jours.




Le camion-brousse veut doubler !

Bientôt les grands espaces !

Là où nous faisons la pause pour se dégourdir un peu les jambes se trouve une stèle commémorative. Elle est érigée en mémoire de l'équipage d'un avion militaire français qui s'est écrasé le 4 octobre 1947 après son décollage du terrain d'Ambalavao. Il y eu un survivant sur les 7 membres d'équipage.

Cassage de rocher !

Une gargote ! (hotely), un "routier" chez nous !

Nous sommes arrivés mais Momo a encore prévu une surprise avant de rejoindre l'hôtel. Il nous propose la visite d'un atelier de fabrication de papier. À Ambalavao, l’atelier le plus connu est la Fabrique de papier Antaimoro installée dans l’enceinte de l’hôtel "Aux Bougainvillées".


On y voit la fabrication artisanale d’un papier végétal décoré de fleurs séchées, héritier d’une tradition originaire de la côte sud-est de Madagascar. Ce papier est réalisé à partir de l’écorce interne de l’avoha, un mûrier sauvage. L’écorce est bouillie, battue puis réduite en pâte, étalée sur un cadre tendu de tissu, puis séchée au soleil.



Pendant que la feuille est encore humide, les artisans incorporent à la main des fleurs et feuilles locales, bougainvilliers, jacarandas, etc., avant le séchage final. Le résultat est un papier fin, rugueux et décoratif, utilisé pour lettres, enveloppes, carnets, abat-jour ou objets souvenirs. La technique vient du pays Antaimoro, sur la côte sud-est, dont la population a des liens historiques avec des immigrants d’origine arabe. Le papier Antaimoro a d’abord servi à copier des textes religieux et des manuscrits en écriture arabo-malgache. L’atelier d’Ambalavao a été implanté en 1936 ; la ville est ainsi devenue l’un des principaux centres de production contemporaine de ce papier, malgré son éloignement de la côte d’origine.

Voilà, notre journée touche à sa fin. Ce soir, nous nous coucherons de bonne heure car demain, de longues heures de route nous attendent. Mais c'est là une autre histoire…







Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Commentaire