Mardi 3 septembre. Ce jour, il faut parcourir 73 km et 1100 m de dénivelé pour atteindre Ouroux en Morvan. La première étape nous a déjà laissé des traces, mais rien de préoccupant, et deux erreurs d'orientation sans conséquence nous rappellent l'importance de rester vigilant. Pour l'instant, le marquage est plutôt satisfaisant. La nuit a été bonne, les batteries des vélos sont à 100%, les sacs sont solidement arrimés, le moral de la troupe est au beau fixe, nous sommes prêts. Le départ est donné à 9 h car l'étape du jour présente normalement moins de difficultés.
Nous avons quitté l'Yonne pour la Nièvre et nous traverserons momentanément un autre département.
Les premiers kilomètres se parcourent dans des zones boisées et les travaux forestiers démontrent que ce territoire fournit une ressource essentielle pour les fêtes de fin d'année, les sapins de Noël.
Si les chemins sont très praticables, quelques coupures humides interrompent parfois notre progression et nous nous retrouvons aussi à devoir remonter le lit d'un ruisseau qui fait office d'itinéraire, ou est-ce l'eau qui a submergé le sentier ?
Des Charolaises aux Highlands, il n'y a qu'un tour de roue de vtt. S'agit-il d'un présage ? Cette race bovine écossaise est particulièrement adaptée aux régions venteuses et marécageuses et c'est à ce moment-là que la pluie nous surprend, occasion rêvée de tester l'étanchéité de notre matériel. Nous sommes à la lisière d'une forêt lorsque nous nous équipons et nous débouchons quasi immédiatement sur la départementale 6 que nous traversons pour pénétrer en Côte-d'Or. Cela fait une heure que nous roulons. Encore une dizaine de minutes et nous parvenons à l'étang de Champeau. Dorénavant, nous circulons en sous-bois et avec la pluie qui tombe, les chemins se transforment parfois en bourbier et il vaut mieux avoir bien choisi sa trajectoire. Notre objectif maintenant est de nous rendre à la ville de Saulieu où nous avons l'intention de prendre un café et surtout d'acheter notre ravitaillement du jour. Ce sera l'une de nos préoccupations journalières, chaque soir, identifier les commerces disponibles le lendemain, et ajuster les temps de parcours pour s'assurer de trouver la boutique ouverte. Organisation !
C'est l'accalmie en arrivant à Saulieu, ville réputée pour ses nombreux restaurants gastronomiques, idéalement située à mi-chemin entre Paris et Lyon sur la nationale 6. Mais, au grand dam de Denis, point de jambonnettes de grenouilles, à la purée d'ail et au jus de persil, juste un café et les courses pour le midi . On profite néanmoins de l'architecture locale, puis on reprend notre itinéraire avec les inévitables chemins enracinés et rocailleux qui longent les nombreuses rivières. Il nous reste encore cinquante kilomètres à parcourir. 13 h 15, nous venons d'ajouter 20 km au compteur et l'hypoglycémie guette mes camarades, il faut trouver un coin pour manger. L'endroit idéal se trouve à Alligny-en-Morvan qui nous offre une table au bord du Ternin. Il va sans dire qu'après le repas, une sieste s'impose à mes deux compères. Je saisis cette occasion pour découvrir ce village morvandiau qui abrite un musée dédié aux nourrices et aux enfants de l'Assistance publique. Accueillir des enfants en nourrice, ou partir quelques années comme nourrice « sur lieu » : ces pratiques, source de revenus complémentaires pour les Morvandiaux, ont concerné depuis la fin du 17ème siècle plusieurs dizaines de milliers d’enfants, de femmes, de familles. Incroyables récits !
Après ce bon moment de récupération, nous reprenons le chemin pour les trente derniers km qui seront plutôt roulants. Dès le départ, un compagnon à quatre pattes va nous suivre pendant au moins 3 km avec une forme olympique , mais il nous abandonne lorsqu'il débusque une biche qui va bondir juste devant nous. Magnifique !
Le final est très agréable et on va apprécier le tour du lac des Settons avec près de 10 km de single track. Peu avant Ouroux, notre fin d'étape, nous passons devant la stèle du maquis Bernard car n'oublions pas que le Morvan fut un haut lieu de la Résistance avec une trentaine de maquis. Encore un raidillon passé sans encombre grâce à l'assistance et nous entrons dans Ouroux. Ce soir repas au restaurant et coucher de bonne heure car demain c'est l'une de nos trois plus dures journées !



















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