jeudi 8 janvier 2026

Séjour au Mexique du 16 au 30 novembre 2025. 4ème partie ! Une journée à OAXACA !

Ce 20 novembre sera entièrement consacré à Oaxaca et ses environs. Nous plongerons de nouveau dans la Grande histoire précolombienne avec les sites de Monte Alban et de Mitla tout en profitant d'un petit plaisir régional, une dégustation de Téquila.

Monte Alban est un ancien centre urbain zapotèque perché sur un plateau artificiellement nivelé au-dessus des vallées de Oaxaca, à une dizaine de kilomètres de la ville. Le site a été occupé pendant plus d’un millénaire et compte parmi les plus importants ensembles archéologiques de Mésoamérique.

Entrée du site !

Un papillon de 40 cm d'envergure !

Nous sommes à 1940 mètres d'altitude au-dessus de la vallée !

La fondation remonte vers 500 av. J.-C., au Préclassique, et la ville devient ensuite la grande capitale zapotèque, particulièrement florissante entre environ 200 et 600 apr. J.-C. Après son apogée, l’influence décline progressivement et la cité est largement abandonnée autour de 800 apr. J.-C., même si des offrandes et certaines tombes mixtèques témoignent d’une fréquentation ultérieure.

Au centre se trouve la Gran Plaza, vaste esplanade d’environ 300 m sur 150 m, entourée de pyramides, plateformes, palais et tombes en pierre qui structuraient la vie religieuse et politique. Le site se distingue par ses terrasses, canaux, tertres artificiels et observatoires, littéralement taillés dans la montagne, qui composent une véritable « topographie sacrée.

Monte Alban a été l’un des premiers sites mésoaméricains à développer un système d’écriture et un calendrier, ce qui reflète un haut degré de complexité politique et religieuse.




Un des bâtiments anciens porte une série de grandes dalles sculptées représentant des personnages contorsionnés, appelés « Danzantes », probablement des ennemis vaincus ou sacrifiés plutôt que de vrais danseurs. D’autres stèles et bas‑reliefs hiéroglyphiques disséminés autour de la Gran Plaza témoignent du système d’écriture zapotèque et de la fonction cérémonielle du site.


Chaque sommet se mérite !

Et voici la zone sportive avec son terrain en forme de « I » avec talus latéraux, typique du jeu de balle mésoaméricain, situé en bord de place.

Eclatement des fruits du kapokier !

Après cette visite très intéressante, nous retraversons complètement Oaxaca pour changer de site et poursuivre notre apprentissage des cultures préhispaniques.

En cours de trajet, une fresque attire mon attention, voici un héros national. Il s'agit de Benito Juarez (1806‑1872), homme d’État mexicain d’origine zapotèque, devenu président de la République et figure majeure du libéralisme au XIXᵉ siècle. Il est considéré comme un héros national pour ses réformes laïques et sa résistance à l’intervention française de Maximilien.
Né dans un village indigène de l’État de Oaxaca, orphelin très jeune, il fait des études de droit et devient avocat, ce qui est exceptionnel pour un homme indigène de son époque. Il entame une carrière politique locale puis devient gouverneur de l’État de Oaxaca, où il modernise l’administration, l’éducation et les infrastructures. Chef de file du camp libéral, il arrive à la présidence dans le contexte de la guerre de Réforme opposant libéraux et conservateurs (années 1850‑1860).
Il promulgue les Lois de Réforme : séparation de l’Église et de l’État, confiscation des biens ecclésiastiques, création de l’état civil laïque, liberté de culte et affirmation de l’autorité civile sur l’armée. Après la suspension du paiement de la dette extérieure, la France de Napoléon III intervient et soutient l’empereur Maximilien ; Juarez organise la résistance républicaine depuis l’intérieur du pays. La victoire sur l’Empire de Maximilien en 1867 renforce son statut de symbole de souveraineté nationale et de « seconde indépendance » du Mexique.

Sa mémoire est partout au Mexique : villes, avenues, statues, billets de banque, et la formule qui lui est attribuée, souvent citée, résume son idéal de coexistence pacifique : « Entre les individus, comme entre les nations, le respect du droit d’autrui est la paix. »

En bord de route !




Une plantation d'agave !


Manifestement, nous poursuivons notre chemin car le désert remplace les cultures !

Apercevez vous au sommet de ce massif, la Mujer Dormida, la femme endormie !

Nous voici arrivés à Mitla et ses rues très étroites !


Arrière de l'église San Pablo ! Elle fut construite par les Espagnols avec les pierres des temples que nous allons maintenant visiter. Heureusement il en reste assez !

Le site archéologique de Mitla, est l’un des plus importants de la culture zapotèque. C’est le deuxième site archéologique le plus important de l’État après Monte Alban, et il était considéré comme un centre spirituel et cérémoniel, dédié aux rites liés à la mort et au passage vers l’au-delà. Son nom zapotèque, Lyobaa, signifie « lieu de repos ».
Mitla est unique pour ses mosaïques et ses frises décoratives en pierre, d’une précision et d’une complexité remarquables. Ces décorations ornent les tombes, les panneaux, les frises et même des murs entiers, sans utiliser de mortier. Aucun autre site au Mexique ne présente un tel travail décoratif. Le site est divisé en plusieurs groupes de structures, dont les plus connus sont le Groupe des Colonnes et le Groupe des Églises.
Mitla a été habitée principalement après la chute de Monte Alban, vers 750 après J.-C., et était un lieu de pouvoir politique et religieux jusqu’à l’arrivée des Espagnols. Le site reflète aussi l’influence des Mixtèques, une autre culture importante de la région.



Détail des mosaïques !

Le groupe des colonnes !

Retour vers l'église San Pablo !

Ici la Mort est mise en scène !

L’église San Pablo est un édifice catholique construit au XVIe siècle par les Espagnols, juste à côté du site archéologique de Mitla. Comme déjà indiqué, l’église a été érigée sur une plateforme préhispanique, en utilisant des pierres et des matériaux prélevés sur les temples zapotèques du site archéologique voisin. Cela symbolisait la superposition de la culture espagnole sur les traditions locales. Mitla était un centre spirituel et cérémoniel zapotèque, dédié aux rites funéraires. La construction de l’église San Pablo sur les ruines préhispaniques illustre la transition entre les cultures précolombienne et coloniale. Aujourd’hui, l’église et le site archéologique coexistent, offrant un témoignage unique de cette période de transition.
San Pablo !


La partie "Histoire" est terminée et avant de déjeuner rien de mieux que de s'ouvrir l'appétit en découvrant l'alcool national, le mezcal, connu aussi sous le nom de Téquila. Le mezcal est une eau-de-vie mexicaine distillée à partir du cœur cuit de l’agave, traditionnellement produite surtout à Oaxaca, nous y sommes, mais aussi dans quelques autres États disposant d’une appellation d’origine

Agaves prêts à l'emploi ! Approche t-on de la dégustation ?


Historiquement, il désignait tout alcool issu de l’agave, mais aujourd’hui il renvoie à un spiritueux bien défini, distinct de la tequila même si celle-ci est en réalité un type de mezcal produit avec l’agave bleu. Avant de profiter du breuvage, nous en suivant les grandes étapes d'élaboration.

On récolte les piñas (cœurs d’agaves) à maturité, on coupe les feuilles, puis on les cuit 2 à 3 jours dans des fours creusés dans la terre ou maçonnés, ce qui apporte le caractère fumé typique.


Après cuisson, les cœurs sont broyés, mis à fermenter en cuves avec de l’eau, puis distillés; selon la méthode et l’équipement, on distingue mezcal, mezcal artisanal et mezcal ancestral dans la norme mexicaine.


On trouve notamment les catégories blanco/joven (non vieilli), madurado en vidrio (repos long en verre) et des variantes aromatisées ou de fête. Au Mexique, on le boit surtout sec, accompagné de quartiers d’orange ou de citron et de sal de gusano (mélange de sel, piment et vers grillés).

Trêve de discussion, place à la dégustation !

Notre restaurant est tout proche de la cave et le repas tombe à pic pour favoriser l'évaporation des vapeurs d'alcool. Un peu d'informations culinaires. Dans la cuisine mexicaine, tout commence par la tortilla, une crêpe qui se prépare à base, soit de blé, soit de maïs. On la garnit de différentes garnitures et on la présente de diverses façons soit pour la manger à table, soit pour la manger dans la rue, sur le pouce comme un sandwich. On trouve ainsi, les tacos, une tortilla souple garnie de poisson, viande et/ou légumes, et les quésadillas, une tortilla garnie de fromage fondant et de légumes ou de viande.

Nous allons avoir l'après-midi en quartier libre pour profiter du centre de Oaxaca mais deux visites sont encore au programme.

Une trentaine de minutes de bus plus tard, nous débarquons dans le village de Teotitlán del Valle. Il est mondialement célèbre pour son artisanat textile, en particulier les tapis en laine tissés à la main avec des teintures naturelles. Ce village zapotèque excelle dans la production de tapisseries, sarapes (textile traditionnel mexicain) et vêtements aux motifs inspirés de la mythologie préhispanique, de la faune locale et de géométries complexes, souvent teints avec des cochenilles, indigo ou grenadille.
Nous allons pouvoir observer le processus complet, sauf la tonte, de la teinture à la tissure sur métiers traditionnels en bois.
Encore un travail exceptionnel !


Après cette visite riche en informations, nous filons vers notre dernière activité située non loin de là, dans le joli village de Santa María del Tule pour y découvrir un arbre exceptionnel.

Non ! Ce n'est pas celui-ci !

Nous cheminons sereinement à travers des jardins magnifiques pour arriver bientôt devant l’arbre du Tule, ou Árbol del Tule. C'est un cyprès de Montezuma millénaire, célèbre pour être l’arbre au tronc le plus large au monde. Il culmine à environ 41 mètres de hauteur avec un diamètre de tronc de 14,4 mètres à 1,5 m du sol et une circonférence dépassant 42 mètres, pour un poids estimé à 630 tonnes et un volume de 800 m³. Surnommé « arbre de la vie », son écorce noueuse forme des figures animales comme un éléphant, un lion ou un crocodile, que les enfants locaux repèrent pour les visiteurs.​ Il n'y avait pas d'enfants aujourd'hui pour nous guider !​



Âgé d’au moins 1 400 à 3 000 ans selon les estimations scientifiques, une légende zapotèque raconte qu’il fut planté par Pechocha, prêtre d’Ehecatl (dieu du vent), sur un site sacré préhispanique aujourd’hui parvis de l’église du village. Une autre tradition mixtèque évoque le bâton d’un roi Condoy qui germa miraculeusement.

Il est classé patrimoine mexicain et célébré chaque octobre par des fêtes et danses.

Une bruyante perruche !

Il est près de 16 heures lorsque nous retrouvons notre hôtel. Maintenant, place à un repos bien mérité et une petite promenade en ville avant de dîner tous ensemble.


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