jeudi 8 octobre 2026

De l'île Bourbon à l'île Rouge ! Jour 5 : départ pour le cirque de Mafate !

29 août 2026. À peine remis de nos émotions de la veille, nous reprenons la route ce matin pour randonner dans le cirque le plus isolé de La Réunion : Mafate. Cœur de volcan délabré, le cirque de Mafate s’affiche comme un monde à part. C’est un écrin géologique dessiné par des remparts abrupts qu’une vue plongeante depuis quelques crêtes environnantes laisse deviner comme inaccessible.

Cette randonnée s’étalera sur deux jours et, ce soir, nous dormirons dans un gîte à La Nouvelle, îlet perdu au cœur de ce volcan éteint.

Réveil à 7 h. Nous prenons la route vers Saint-André, sur la côte Est, et deux heures plus tard, nous atteignons le col des Bœufs, situé au bout de la route forestière du Haut-Mafate. Les parkings sont complets et nous devons faire demi-tour pour trouver une place en contrebas.

Jusqu’à Saint-André, nous empruntons la route du littoral, puis entamons notre ascension pour rejoindre la ville de Salazie, qui donne son nom au troisième cirque de l’île. Juste avant de nous engager sur la route finale, tout en lacets serrés et pentes abruptes, nous faisons une halte devant le Voile de la Mariée qui, en cette saison, n’occupe pas trop l’espace.


Cascades du Voile de la mariée !

Vue sur le cirque de Salazie !


Magnifique Bulbul Orphée !


Nous voilà à pied d'œuvre. Le tour intérieur du cirque de Mafate sera scindé en 2 parties, aujourd'hui environs 12 km avec 400 D+ et 600 D-, et demain 6 km en montée avec 500 D+. Beau programme !


Passage du col avant de découvrir le Cirque !

Seule la marche à pied permet d’accéder par des petits sentiers de montagne ou en hélicoptère. Le caractère sauvage du cirque lui a valu d’être le refuge d’esclaves en fuite. La toponymie du cirque est là pour rappeler l’histoire des lieux, Mafate étant le nom d'un célèbre chef marron, résistant à l'esclavage. Aujourd’hui, malgré leur isolement physique, les habitants restent plus que jamais attachés à cette terre tourmentée, en vivant sur les petits plateaux, les îlets. Malgré un accès aux moyens modernes de communication, ils perpétuent des traditions. Sur leur lopin de terre, ils pratiquent la polyculture vivrière (fruits, grains, maïs, élevage, poulailler…).

Les remparts qu'ils faut descendre !

La descente ne présente guère de difficultés même si on rencontre parfois des marches plus hautes que la moyenne cependant la vigilance est toujours de mise.

Les sentiers étant les seuls moyens de communication, les habitants en prennent soin et de nombreux aménagements en bois ou en métal facilitent la progression, surtout en temps de pluie.

Nous voici maintenant à la Plaine des Tamarins, plateau emblématique situé à environ 1 800 m d’altitude. Elle doit son nom à la forêt de tamarins des Hauts, une espèce endémique de l’île, qui la recouvre presque entièrement.

Et les fameuses vaches de Mafate !

Un Foudi rouge aussi appelé Cardinal de Madagascar !

Après avoir passé la Plaine des Tamarins, nous empruntons sur notre gauche, le sentier qui mène à Marla. On retrouve les tamarins et les clairières couvertes de joncs et de hautes herbes où paissent paisiblement quelques petits troupeaux. La Mare aux Serres est plus un marécage qu'une mare mais suffit à abreuver les bovins.



Un peu plus loin, d'un joli point de vue sur l’ilet, niché au pied du Grand Bénare. C’est ici que débute notre descente abrupte jusqu’à la rivière des galets puis le passage par Maison Laclos. Après une pause rafraîchissante en bas, nous rejoindrons en moins de 2 kilomètres l'ilet de Marla et son fameux snack-bar chez Jimmy.





La chapelle de Marla !

Cela fait presque 3 heures que nous marchons et l'arrêt casse-croûte chez Jimmy est le bienvenu. Nous voilà de nouveau prêts à affronter les dernières difficultés du jour.

Au démarrage de cette partie, nous entrons dans un monde minéral où la végétation n'a plus sa place.

Le trajet, à flanc de rempart, offre de très beaux panoramas sur le cirque. En fonction de l'heure et de la météo, le détour vers la Cascade de Trois Roches ne devrait prendre que trente minutes. 



De la roche à perte de vue !

Des chèvres en totale liberté !

Il est 16 h 30 lorsque nous atteignons l’intersection menant à la cascade de Bras Rouge. Trop tard pour s’y aventurer : il reste visiblement plus d’une heure de marche pour rejoindre l’îlet de La Nouvelle et, avec la nuit qui tombera plus vite au fond du cirque, nous ne prenons pas de risque. Nous quittons le monde minéral pour retrouver une ambiance « tropicale ». Les contrastes au cours de cette randonnée sont exceptionnels.

Toujours des montagnes russes !

Bientôt l'îlet...dans vingt minutes en fait !


Le soleil est au rendez-vous lorsque nous touchons La Nouvelle mais ne nous y trompons pas, avec la fatigue et l'altitude la température ressentie est plutôt fraîche d'autant que nous allons devoir attendre une trentaine de minutes avant de percevoir les clés de notre gîte. Une bonne douche, pas très chaude, et un repas servi à 19 h viendront compléter agréablement cette première journée. 

Loin de l’agitation des temps modernes, c’est dans la douceur et l’authenticité que les Mafatais accueillent les randonneurs dans ce qui est devenu la partie du cœur habité du Parc national, Bien du patrimoine mondial. Ce plus grand village compte une seule école, l’électricité est fournie par le soleil, une boulangerie et des épiceries sont approvisionnées essentiellement par hélicoptère. La nature y est reine, elle explose à chaque détour d’un sentier balisé, les montagnes sont omniprésentes, les pitons ont des formes inimaginables, les ravines, cascades et forêts sont un vrai régal pour les yeux.

Ce soir nous nous endormirons sereinement car demain il n'y a pas d'urgence ni de réveil !






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