jeudi 22 octobre 2026

De l'île Bourbon à l'île Rouge ! Jour 9 à Madagascar - De Ambalavao à Ranohira !

 AMBALAVAO / RESERVE D’ANJA / RANOHIRA (ENVIRON 290 KM+/- 6H)

12 septembre 2026.

Réveil aux aurores pour un petit-déjeuner à 7 h, afin de prendre la route à 7 h 30. parfaitement organisés, nos bagages sont bouclés depuis hier soir. Notre étape la plus longue du voyage commence par un incontournable : la réserve d'Anja.


Encore une belle journée en perspective !


Les fameuses gargotes !


Arrêt "pack d'eau et coca" !


Situé à 12 kilomètre au sud d'Ambalavao, la réserve d'Anja est gérée par des villageois qui ont décidé de préserver et protéger la richesse. Créée en 1992 avec l'aide du service des eaux et des forêts et de WWF, ce site est devenu un parc associatif paysan. Installé entre un lac, des rizières et une superbe chaîne rocheuse verdoyante, on peut y découvrir un concentré de la flore et de la faune de Madagascar. Ce petit parc héberge une population de plus de 500 lémuriens, animal emblématique de l'île. C'est accompagné d'un guide que nous partons à la découverte des richesses de ce petit territoire.



À Anja, nous allons croiser le lémurien emblématique, véritable symbole de Madagascar, à savoir le lémur catta, aussi appelé maki catta ou lémurien à queue annelée. La réserve est connue pour abriter des groupes nombreux et relativement habitués à la présence humaine, ce qui rend son observation inéluctable. Ils vivent néanmoins dans un milieu naturel totalement préservé, sans clôture, et le surtourisme n'a pas encore sa place dans l'île Rouge. Ce matin nous croiserons un seul autre groupe de 5 personnes.



Tout mignon !



Avec son petit sous le ventre !

Pendant ce temps, les jeunes villageois travaillent !



Et voici un caméléon en pleine action de chasse, voyez-vous sa langue ?




Grâce au guide voici un 2ème caméléon !

Un troisième !

Et un quatrième !

Et le dernier !

Maintenant nous nous dirigeons vers la partie granitique du parc !

Une petite couleuvre !

Sous le regard perçant du maki !




Un vrai labyrinthe !






Sur le point haut du parcours !








Le cheminement est acrobatique mais sans danger car la roche n'est pas glissante. Maintenant un passage qui demande l'utilisation d'une corde sur cinq mètres, pas de quoi avoir peur !

Nous retrouvons la partie basse du parcours et ses couverts forestiers abritant bien sûr des caméléons !

Passage par la buanderie de plein air !


Tricycle local !

Juste avant de quitter la réserve d'Anja nous passons devant sa pépinière. Gérée directement par l'association locale Anja Miray, elle sert à produire de jeunes plants d'arbres autochtones et endémiques (comme des essences forestières locales et des arbres à tapia). Les ombrières en branchages et roseaux que l'on voit au premier plan protègent les jeunes pousses du soleil intense de la région. Ces plants sont cultivés dans deux objectifs principaux : le reboisement et la restauration forestière de la réserve afin d'agrandir l'habitat naturel des lémuriens Maki catta et l'agroforesterie communautaire, en redistribuant certains arbres utiles aux villageois des alentours.

Avez-vous remarqué les extravagantes petites fleurs blanches ? Et bien ce sont des insectes, on peut apercevoir leurs fines pattes noires. Il s'agit des larves de la cicadelle malgache. Ces insectes grégaires sont très célèbres dans la réserve d'Anja. Les larves sécrètent une substance cireuse blanche et floconneuse pour se protéger de la déshydratation et des prédateurs. Si un oiseau tente de les attraper, les filaments se détachent facilement, permettant à la larve de s'enfuir. En grand nombre sur une branche, elles imitent l'aspect de lichens ou de moisissures. En grandissant, ces nymphes blanches vont se métamorphoser en adultes spectaculaires dotés de grandes ailes d'un rose vif ou orangé. Une fois adultes, elles se regroupent le long des tiges pour parfaire leur camouflage en imitant cette fois-ci des grappes de fleurs exotiques. Les guides locaux les appellent parfois affectueusement les « petits fantômes de la forêt

Nous retrouvons Momo et à partir de maintenant, nous devons parcourir 230 km jusqu'à Ranohira. Le trajet est considéré comme l’un des plus beaux de la RN7 : il fait passer des hautes terres verdoyantes de l'ethnie Betsileo aux plaines sèches et savanicoles du sud du peuple Bara, avant l’arrivée dans le massif de l’Isalo. Nous repassons par Ambalavao pour attraper la RN7 et faisons le plein car les stations deviennent plus espacées.

La route est goudronnée sur l’ensemble du parcours et globalement en état correct sur ce tronçon, mais elle peut présenter des nids-de-poule, travaux, portions dégradées et traversées de villages. La vitesse moyenne reste souvent modérée, autour de 40–50 km/h selon l’état réel de la chaussée. En terre Bara, il faudra faire attention aux zébus, très fréquents, surtout près des villages et autour d’Ihosy et bien sûr toujours de la prudence dans les bourgs et aux abords des marchés à cause des piétons, charrettes et autres moyens de transport.

Le paysage change radicalement !



Le véhicule a chauffé dans les montées successives, une pause s'impose aussi pour le matériel !

Contrôle de police !


Encore un camion dans le bas côté. Les marchandises sont transvasées dans un autre véhicule !

Ci-dessous un tombeau familial Betsileo. Bien que la région d'Ambalavao marque la frontière avec le territoire des Bara, ce sont historiquement les Betsileo qui ont développé cet art architectural funéraire sur les flancs des collines rocheuses de la région. Chez les Betsileo, les tombeaux sont des monuments familiaux sacrés d'une immense importance, construits en pierre ou en béton pour résister au temps. 



Et toujours, ces villages typiques malgaches composés de cases en terre !





Voici un moment important du voyage qui va marquer un vrai changement culturel. Devant nous se dresse le mont Ifandana, surnommé le « Bonnet de l'Évêque ». Situé peu après Ambalavao et à l'approche d'Ihosy, ce relief rocheux emblématique marque géographiquement la transition et la véritable porte d'entrée vers le Grand Sud de Madagascar. C'est précisément à cet endroit que la verdure et les rizières des Hautes Terres cèdent progressivement la place aux immenses plaines semi-arides du plateau de l'Horombe. Pour l'ethnie Betsileo vivant à proximité, ce rocher massif revêt également un caractère sacré.



Prison de haute sécurité d’Ikelivondrake d'une capacité de 480 places. On y détient des criminels dangereux et les voleurs de zébus. Oui, le vol de zébus est un problème majeur à Madagascar, particulièrement dans le Sud et dans la région d’Ihosy. Il ne s’agit pas seulement de vols isolés : certaines attaques sont menées par des bandes armées, appelées dahalo, et provoquent des affrontements meurtriers avec les villageois ou les forces de sécurité.

Le zébu représente beaucoup plus qu’un animal destiné à la viande. Pour les familles rurales, il constitue une réserve de richesse et un outil de travail : labour, traction des charrettes et production de fumier. Il tient également une place importante dans les cérémonies familiales et les relations avec les ancêtres. Perdre son troupeau peut donc signifier perdre à la fois son patrimoine et une partie de ses moyens de subsistance.


Nous pénétrons justement dans la petite ville d'Ihosy. Il nous reste environ 130 km à parcourir. A nous les immenses espaces avec cette grande traversée du pays bara, ses longues lignes droites, ses troupeaux de zébus et les premiers reliefs gréseux de l’Isalo.

Arrivés au centre-ville, nous sommes ralentis par des groupes d'enfants, encadrés par quelques adultes, qui déambulent en musique. Momo nous explique qu'il s'agit d'un rassemblement pour la cérémonie de la circoncision. À Madagascar, la circoncision est un rite de passage majeur qui intègre le petit garçon au monde des hommes et à la lignée familiale. Elle reste très répandue, notamment chez les Merina et les Betsileo, mais ses formes et son degré de ritualisation varient fortement selon les ethnies.

Le rite ne se réduit pas à l’acte chirurgical : il marque l’entrée de l’enfant dans la parenté masculine, son accession à un statut social reconnu et, traditionnellement, son droit à être inhumé dans le tombeau familial.

La cérémonie a généralement lieu pendant l’hiver austral, surtout de mai à septembre, car la cicatrisation est facilitée par la fraîcheur. Elle se déroule souvent à l’aube, dans la maison familiale, en présence du père, des oncles et du grand-père ; un zébu peut être sacrifié pour la fête. Autour d’Ambalavao et de la région de l’Isalo, en pays betsileo, la circoncision s’inscrit dans un ensemble de rites liés aux ancêtres et à la communauté et elle s'effectue collectivement.


Profitons du centre ville pour acheter des boissons !



Encore quelques longues lignes droites et des hameaux et nous atteindrons bientôt notre hôtel. Pour l'instant admirons ces jeunes footballeurs.

Un troupeau de zébus !

En plein désert, nous passons par la petite ville de Ranohira. Encore 4 km et le panneau "Isalo Ranch" nous guide sur une piste de sable. Nous voilà arrivés : notre hôtel de bungalows se dresse au pied du massif de l'Isalo, à seulement 3 km de l'entrée du parc que nous découvrirons demain. Les bungalows traditionnels sont répartis dans un grand jardin avec vue sur les reliefs, le tout agrémenté d'une piscine et d'un restaurant.
Nous allons y passer 2 nuits !

Et pour moi, c'est piscine au coucher de soleil !














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