samedi 18 mars 2023

Boucle dans le vignoble entre Ribeauvillé et Mittelwihr

Une fois n'est pas coutume, aujourd'hui nous allons randonner dans le vignoble pour une virée d'une quinzaine de kilomètres. Le parcours essentiellement sur chemin bitumé et l'absence de couvert végétal imposent de faire ce circuit en saison fraîche, c'est donc le bon moment. Il fait environ 4 degrés au moment du départ et le ciel bleu nous promet de belles photos. Nous nous garons à Ribeauvillé et prenons le chemin "piste cyclable" qui va nous amener jusqu'à Mittelwihr, lieu le plus éloigné du jour, en parcourant la partie haute du vignoble.

Ribeauvillé et ses trois châteaux !


La partie haute du vignoble se mérite et dès le départ le dénivelé est important avec un fort pourcentage en peu de distance. Nous apercevons bientôt le village suivant, Hunawihr et son église fortifiée, que nous traverserons lors du retour. nous en parlerons donc plus tard. En revanche nous pouvons déjà évoquer ce vignoble car notre cheminement passe par des grands crus. Ici nous sommes en plein terroir Rosacker situé entre 260 et 330 m d'altitude avec 50% en Riesling et 50% en Gewurztraminer. Le Riesling est le cépage le plus typique et le plus ancien des variétés alsaciennes. 

Eco pâturage à la sortie du village !

Nous contournons le village par son versant ouest et reprenons l'ascension de la bosse suivante en empruntant la partie alsacienne du chemin de Compostelle qui va de Wissembourg à Belfort. Le soleil commence à faire monter la température et le mur de pierre sur notre droite devient un refuge très apprécié pour de nombreux lézards.

Un reste de raisin fait le bonheur d'un lézard !

Le Kolbelsberg franchi nous descendons vers Riquewihr et atteignons rapidement sa porte fortifiée Ouest, l'Obertor située sur la deuxième enceinte.  On peut encore y voir l'emplacement du pont-levis. En arrière plan sur la photo ci-dessous vous pouvez aussi apercevoir la porte haute de la cité, construite en même temps que la première enceinte fortifiée à la fin du 13e siècle, le Dolder (1291) qui servait à la fois de tour défensive, de tour de guet et de beffroi.

En alsacien, "Dolder" signifie "le point le plus élevé, la cime". Du haut de ses 25 mètres, cette tour menaçait l'ennemi par l'aspect dépouillé et guerrier de sa façade extérieure, alors que la façade intérieure tournée vers la ville, réjouissait depuis le 16e siècle la vue des habitants par l'agréable agencement de ses poutrages de bois et ses quatre étages en encorbellement. Son premier niveau constituait l'un des points de départ du chemin de ronde qui, au haut du rempart, faisait le tour de la ville.

L'armoirie sculptée sur la tour extérieure montre les signes caractéristiques des comtes de Wurtemberg, bois de cerfs et heaume de soldat, qui acquirent la seigneurie de Riquewihr en 1324 aux comtes de Horbourg représentés par l'étoile à 5 branches. Pour l'anecdote les armoiries officielles des Horbourg comporteraient une étoile de 6 à 8 branches alors y a-t-il eu une erreur de gravure ? A vous de me le dire. 

Art contemporain dans les fossés de Riquewihr avec cette œuvre de l'artiste Josépha, "la Dame du parc".

Après ce moment d'histoire nous poursuivons sur les hauteurs du vignoble pendant 2 kilomètres avant de prendre plein Est vers le village de Mittelwihr. Un héron traine entre les vignes ce qui n'est pas très habituel. Belle rencontre !

Une Gagée des champs !

Le vignoble à perte de vue !

Mittelwihr en contrebas et sa colline aux amandiers !

Pas de doute, c'est bientôt Pâques !

Toiture caractéristique en tuiles vernissées comme sur le clocher de Châtenois !

Nous sommes au pied du Mandelberg, la colline des amandiers. C'est la pleine saison du fleurissement et nous profitons des belles couleurs. Pour plus d'informations je vous renvoie à l'article de mars 2022.

Mittelwihr en dessous !

Ascension de la colline !

Fleurs d'amandier !

Cigogne en approche et en arrière-plan la nécropole de Sigolsheim !

Au loin le Haut Koenigsbourg !

Prochain objectif, le village de Beblenheim !

Riquewihr !

Encore un objectif, le village de Zellenberg et en arrière-plan les trois châteaux de Ribeauvillé !

Nous quittons la colline des amandiers et son magnifique panorama à 360° pour rejoindre Beblenheim toujours par le vignoble. Nous traversons le terroir exceptionnel du Mandelberg situé entre 200 et 230 m d'altitude formé de 40% de Gewurztraminer et 30% de Riesling. Les vins issus du Mandelberg sont d'un fruité prononcé et d'une finesse exquise, caractéristiques d'un sol argilo-calcaire et sec. Des vins de très bonne garde. Avis aux amateurs !


Après Beblenheim nous traversons un troisième grand terroir, le Sonnenglanz. Ici les cépages privilégiés sont les Tokay Pinot gris et le Gewurztraminer. La qualité du terroir, associée. à une exposition idéale donne à ses vins une jolie teinte dorée. Les vins du Sonnenglanz dégagent une concentration d'arômes bien mûrs et très fins.

Quant au Gewurztraminer, il constitue une sélection particulièrement aromatique d'un vieux cépage connu de tout temps en Alsace, le Traminer rose signifiant "épicé". Il accompagne parfaitement les plats relevés et les fromages corsés comme le Munster.

Les cigognes de Zellenberg !

Nous revenons désormais sur Hunawihr et cette fois nous allons entrer dans le village pour admirer sa remarquable église fortifiée, l'église Saint-Jacques-le-Majeur.

L'église fortifiée d'Hunawihr !

Seul au monde !

Nous pénétrons dans le cimetière qui entoure les remparts de l'église et une très grande sérénité se dégage de cet endroit. Un banc invite à la méditation !

Nous passons sous la grande porte pour pénétrer dans l'enceinte fortifiée et nous faisons le tour complet de l'église qui est malheureusement fermée, dommage car c'est la seule d'Alsace où l'accès à la chaire se fait depuis un escalier extérieur puis un passage dans un pilier. Un cimetière se trouve également à l'intérieur des remparts. Construite au XVème siècle, elle a pour particularité d'être "mixte" ce qui signifie qu'elle accueille aussi bien les catholiques que les protestants depuis 1687. Les jours de cultes sont ainsi alternés.

Cadran solaire !

Coucou !

Construite à l'écart du village, elle se compose d'une enceinte hexagonale et de 6 bastions percés de meurtrières. À l'origine du village se trouve un seigneur du nom de Hunon et sa femme Huna. Ils s'établirent au cours du VIIe siècle sur une ancienne villa gallo-romaine. À proximité de ce domaine vint s'établir en ermite, saint Déodat, l'ancien évêque de Nevers. Hunon et Huna, suivant son enseignement, lui firent baptiser leurs fils sous le nom de Dieudonné. Huna, appliquant les préceptes de saint Déodat, se mit au service des pauvres. Elle les logeait, les nourrissait, soignait les malades et lavait elle-même leurs vêtements. Les habitants de la région la surnommèrent la "Sainte Lavandière". Huna mourut en 679 et fut canonisé en 1520 par le Pape Léon X à la demande du Duc Ulrich de Wurtemberg.

Nous quittons l'enceinte fortifiée lorsque l'horloge installée sur le clocher attire notre attention. Y voyez vous quelque chose de particulier ? En fait 2 éléments sont remarquables. Tout d'abord, il n'y a qu'une seule aiguille, celle des heures. En pratique, depuis longtemps déjà les églises ne comportait qu'une aiguille. L’origine de la synchronisation de la vie sociale par la mesure du temps remonte à l’antiquité. Au Moyen Âge, l’apparition des cloches dans les clochers, probablement au Ve et VIe siècles, pour sonner « les heures », désignaient à l’époque les prières et offices des monastères et autres églises. Le reste de la vie sociale est alors ajustée sur ces sonneries des heures dites canoniales. L’on disait par exemple commencer le travail un peu avant prime, ou rentrer pour les vêpres. Je vous renvoie au site https://horloge-edifice.fr/Histoire/Histoire_Sociale.htm pour plein d'informations détaillées.

Le 2ème élément surprenant est le chiffre romain 4 écrit IIII et non IV. Là aussi de nombreux sites traitent ce sujet et pour simplifier il faut savoir que cette écriture correspond en fait à la manière d'écrire originale et que IV est arrivé bien plus tard. Pour des illettrés il est plus facile de comprendre le premier mode d'écriture. De plus il est question aussi d'esthétisme et en regardant de près on se rencontre qu'en coupant le cadran en deux verticalement il y a autant de symboles d'un côté et de l'autre et qu'en le coupant en 3 tiers vous avez les I, les V puis les X, trop fort !

Fontaine à "double vasques" !

Bel arrangement !

Le tour va bientôt prendre fin et une dernière montée dans le Rosenberg nous ramène à la voiture après une virée riche en histoire et en curiosités.



vendredi 17 mars 2023

Le Paradis des sources à Soultzmatt

 9 mars 1984 - 9 mars 2023 = 39 années de mariage (noces de crêpe)

Les enfants nous ont offert pour Noël un repas-spectacle dans un établissement alsacien qui met en scène les standards du cabaret parisien avec French cancan, paillettes et plumes. Le hasard faisant bien les choses il y avait de la place le 9 mars. C'est parti pour Soultzmatt et son Paradis des sources.

Entrée du cabaret !


Le nom du cabaret est déterminé par la commune qui l'héberge car Soultzmatt est en effet célèbre pour ses eaux mais aussi ses vins. Ce village est situé à mi-chemin entre Colmar et Mulhouse, à la limite de la plaine d'Alsace et des Vosges.

Un petit mot sur la source avec des informations issues du site de la commune.

"Probablement connue des Romains, la première évocation précise date de 1272, époque à laquelle la source est remarquée par le moine franciscain Tschamser. Elle est redécouverte au début du 17e siècle et des installations thermales y sont construites dès 1662. La source est acquise en 1838 par Louis Nessel. Sous son impulsion, les eaux minérales de Soultzmatt acquièrent une renommée européenne ; consommées sur place les siècles précédents, elles sont vendues en bouteilles à partir de 1853.

Le 29 mars 1865, un décret impérial la déclare d’intérêt public et l’exportation d’eau décuple au cours des années qui suivent. Nessel ayant supprimé aux habitants le privilège de puiser gratuitement l’eau pour leurs propres besoins, la commune aménage une autre source à proximité, qu’elle met en exploitation légale dès 1861.

En 1891, un incendie détruit une grande partie de l’établissement de bains situé le long de la route ; son exploitation est alors définitivement abandonnée. En 1892, la société Brun & Cie devient propriétaire de l’ensemble des sources et construit un grand hall de style empire, qui accueille aujourd'hui la Maison de l'eau.

En 1922, les eaux non minérales sont employées pour la fabrication d’une eau de table "Lisbeth", prénom de la fille aînée de Georges Thomas, alors administrateur de la société d’exploitation des Sources.

La municipalité devient propriétaire des Sources en 1952 et instaure la "Régie communale des Sources de Soultzmatt". L'embouteillage est abandonné sur le site des sources communales mais les captages sont préservés et l'exploitation de l'eau minérale se poursuit. La population conserve son droit à l'eau minérale, fixé à cinq litres hebdomadaire par personne."

Passons maintenant au cabaret !

Nous avons été accueillis à partir de 11 h 30 et une fois notre place atteinte le repas a commencé à être servi aux alentours de 12 h. La salle est très grande et nous sommes bien installés. Les groupes du troisième âge constituent la majorité de la clientèle aujourd'hui et nous sommes sûrement les plus jeunes. LOL.


Pendant le repas un spectacle de music-hall nous est déjà proposé avec quelques chansons et des numéros d'artistes. Cela va nous faire patienter jusqu'à 14 h 15, début officiel de la revue. Le menu qui nous a été servi comprenait :
- Un gravlax de saumon à l’aneth, accompagné de son blanc de poireau, sauce vierge et gelée de betterave rouge
-  Un filet de poisson au beurre blanc citronné sur lit de légumes wok
-  Un mille-feuilles du Paradis aux fruits frais

Nous avons profité d'une cuisine raffinée et très bien présentée. 


A partir de 14 h 15, démarre donc le spectacle proprement dit. Nous allons assister à un enchaînement de tableaux hauts en couleur avec strass et paillettes avec comme fil conducteur une romance à la Roméo et Juliette. Entre certaines scènes, des artistes viennent effectuer des numéros de cirque avec un clown sur trampoline, des duos de gymnastes sur barre ou porteur. C'est un spectacle de qualité. Un entracte de 10 minutes permet une courte pause et le spectacle se poursuit. Il va durer 1 h 30 en tout.

Le temps passe très vite et nous avons bien apprécié ce moment féérique que nous recommandons sans hésitation. Merci aux enfants pour cette très belle idée de cadeau. 


mercredi 8 mars 2023

Portes bonheur, le chemin des carrières entre Rosheim et Saint Nabor !

Sur le retour de la randonnée des châteaux du Mont Sainte Odile, nous nous sommes arrêtés devant une drôle de structure métallique édifiée juste à l'entrée des anciennes carrières de porphyre. Au niveau du parking nous apercevons également des traces de voies ferrées et un panneau d'information nous invite à découvrir le lieu.

Historiquement, une voie ferrée a été construite par les allemands dans les années 1900 et la ligne de 12 km qui relie alors Rosheim aux carrières de Saint Nabor est inaugurée en 1902. Elle est d'abord destinée à l'évacuation des roches et ensuite sera assuré un service voyageurs.

Il faut attendre le retour de l'Alsace-Lorraine à la France en 1918 pour voir les carrières et la ligne gérées par le département du Bas-Rhin. Le transport des voyageurs durera jusqu'en 1954 puis un train touristique, le S'Bimel-Bähnel, circulera de 1969 à 1987. 1988 verra l'arrêt définitif de la ligne car la société qui la finance est aussi celle qui détient les carrières et les difficultés financières s'amoncelant le site est fermé définitivement en 2002.  


Mais revenons à notre structure métallique. La communauté des communes se mobilise et souhaite mettre en valeur ce patrimoine, une voie verte est alors créée. Nous sommes aujourd'hui à l'extrémité du projet, côté carrières, et nous reviendrons pour faire l'intégralité de ce parcours arboré qui nous permettra de profiter des œuvres architecturales disséminées ça et là entre Saint Nabor et Rosheim en passant par l'ancienne gare d'Ottrott, le tunnel végétal à Léonardsau et les abris de Boersch. Tout un programme !


Cette voie verte entre Rosheim et Saint-Nabor fait la part belle à l’art contemporain et les œuvres spectaculaires ont été imaginées par l’architecte norvégien Reiulf Ramstad. Ici il s'agit d'un promontoire en acier Corten dont la forme s'inspire d'un trèfle à quatre feuilles, un porte-bonheur !


Vue sur le vallon de Rosheim et la plaine d'Alsace (dans la brume) !



mardi 7 mars 2023

Randonnée des châteaux autour du Mont Saint Odile

Le massif du Mont Sainte Odile regorge de mystères et son histoire remonte au temps des celtes qui en avaient fait un lieu de culte. Aujourd'hui nous allons cheminer sur la partie Nord du massif sans oublier de passer par le sanctuaire qui domine la plaine d'Alsace de ses 753 m d'altitude. La boucle va faire 16 km pour 600 m de dénivelé. L'objectif du jour est de passer par 5 châteaux.

Nous nous garons au parking du Domaine Saint Jacques au-dessus de Saint-Nabor et prenons la direction des ruines de l'abbaye de Niedermunster.

L'abbaye à gauche, le sommet du sanctuaire juste au-dessus et la chapelle Saint Nicolas à droite !


La chapelle a été édifiée entre 1150 et 1180 selon la volonté de l'abbesse Relinde, parente de l'empereur Barberousse qui finançait les travaux. Elle sera consacrée en 1180 par Garsidonius, légat du Pape.


Quant à l'abbaye de Niedermunster, elle a été fondée par Sainte-Odile en 720 pour y accueillir les pèlerins malades qui ne pouvaient pas gravir la montagne vers l'abbaye de Hohenbourg, le sanctuaire situé au sommet. Elle y fit construire par ailleurs une église consacrée à Saint-Martin. L'ensemble fut ensuite transformé en monastère pour moniales au courant du IXe siècle.

Après ce début de randonnée tourné vers l'histoire il est temps maintenant de reprendre notre progression pour atteindre le sommet du jour. La pente est raide et nous parcourons  un sentier agréable entre feuilles mortes et rochers. Le sol est particulièrement sec.


La nature reprend ses droits !

Encore un effort !

Une petite halte s'impose à la source miraculeuse. Historiquement il faut savoir qu'un château était déjà en place avant l'avènement de Sainte Odile, le château de Hohenbourg, qui appartenait à son père, le duc d'Alsace Etichon-Adalric. Mais c'est un autre sujet qui mériterait à lui seul un article. Bref, après de multiples rebondissements, le père cède le château à sa fille qui le transforme en abbaye en l'an 680.

Etichon, le duc d’Alsace sous Dagobert II, attend son premier enfant. Il espère un fils. Grande déception : une fille chétive et aveugle naît. Etichon ordonne qu’on la tue mais Béreswinde sa femme réussit à l’en dissuader. Elle confie alors l’enfant à une nourrice avant qu’elle rejoigne les Sœurs de Palm, en Bourgogne. A l’âge de 12 ans, l’enfant est baptisée par l’Evêque Ehrhard de Ratisbonne. C’est alors qu’elle recouvre la vue ; on lui donne le nom de Odile « fille de lumière ».

Bien des années plus tard, Etichon comprend le destin d’Odile et c'est à ce moment qu'il fait alors don du château de Hohenbourg à sa fille. Concernant la source, c'est en se rendant au monastère de Niedermunster qu'Odile rencontre un mendiant aveugle et assoiffé, elle frappe alors un rocher et il en sortit une eau bienfaisante qui, depuis, ne cesse de couler.

Après ce ravitaillement liquide, nous reprenons la marche et bientôt apparaît Sainte-Odile, nous sommes arrivés au point le plus haut de notre randonnée.

Sainte-Odile !

Maintenant nous allons redescendre de l'autre côté du versant avec l'objectif de trouver le château du Dreistein, les trois pierres. Il n'y a pas de vent et le cheminement est très agréable. Il manque juste un peu de lumière !

Petite halte sur un magnifique promontoire rocheux !

Pour atteindre le premier château nous allons quelque peu zigzaguer du coté du carrefour du Stollhafen car il y a de très nombreux sentiers mais à la fin ils finissent tous à Rome 😁 ou plutôt au Dreistein. Comme son nom l'indique il s'agit d'un ensemble de constructions bâties sur trois éperons rocheux. Il faut faire attention car les éboulements sont possibles et nous nous approchons avec prudence.

Cet arc caractérise bien ce château et amène à s'interroger sur le pourquoi d'une telle ouverture. En fouillant sur le net il s'avère que ce trou béant est la conséquence de la chute d'une partie de la muraille. Il faut imaginer qu'il y avait autrefois un mur plein creusé de petites fenêtres appelées fenestrons.

Contournons désormais le massif en remontant plein nord et en longeant le mur païen ouvert par endroit de portes remarquables comme celle de Koeberlé par exemple. Pour la petite histoire Eugène Koeberlé était un chirurgien, spécialiste des interventions sur l’abdomen. Natif de Sélestat, il permit de nombreuses avancées en appliquant l’asepsie sur ses patients et un suivi post-opératoire rigoureux. Lorsqu’il prit sa retraite, Eugène se piqua d’archéologie et s’intéressa au Mur Païen du Mont Sainte-Odile. En 1877, il découvrit et dégagea sur le mur, la porte qui porte aujourd'hui son nom.

Nous poursuivons le long de ce mur dont la date d'édification reste sujet à controverse. Lieu fréquenté par les Celtes, ce mur aurait pu être construit des années avant notre ère mais des analyses récentes montrent la présence de bois d'assemblage (chevilles) qui a servi à une consolidation effectuée au moment de l'édification du château en l'an 660. Quoiqu'il en soit cette muraille de 11 km de long contribue au mystère des lieux.

Nous arrivons au bout du promontoire où se situe le 2ème château, le Hagelschloss. Au départ seuls quelques indices nous permettent d'identifier sa présence car nous sommes à son point le plus haut et la végétation a envahi la zone. 

Pour mieux le voir il nous faut descendre en empruntant un sentier particulièrement pentu !

En se retournant dans la pente on peut alors admirer la magnifique arche des restes de ce château probablement bâti au XIIIème siècle.

Le sentier va maintenant suivre la courbe de niveau pendant 3 à 4 kilomètres et en continuant encore vers le Nord nous ne tardons pas à arriver aux ruines du 3ème château, le Koepfel d'où l'on a une vue sur les châteaux d'Ottrott appelés Rathsamhausen et Lutzelbourg.

Le Rathsamhausen !

Le Lutzelbourg !

Nous sommes passés rapidement devant les 2 derniers châteaux car l'accès y est interdit sauf en programmant une visite. Ils sont en chantier et un jour peut-être pourrons nous y rentrer. Nous filons désormais plein Sud pour revenir vers le parking et ce versant est particulièrement sec. On progresse sur un tapis de feuilles mortes qui craquent sous les pieds.


Nous passons devant les ruines du prieuré de Saint Gorgon (1178) et plus précisément les murs de l'ancienne métairie construite en 1733.

A 2 kilomètres de l'arrivée le dernier sujet marquant de cette randonnée est le passage par le point de vue sur l'ancienne carrière de porphyre de Saint-Nabor fermée en l'an 2000. L’origine des carrières de Saint Nabor remonte à plusieurs siècles. Déjà sous le règne de Louis XIV, des pavés auraient été expédiés jusqu’à Paris. 

Retour au parking après 5 heures de marche et un arrêt pique-nique. Encore une belle balade dans un endroit plein de mystères et aux multiples possibilités de variantes.