dimanche 13 novembre 2022

Un Ironman au Portugal - partie 3

 2ème journée dans Lisbonne.

Dès notre arrivée en ville nous nous rendons immédiatement au point de départ du tramway n° 28, autre curiosité lisboète. Et bien sûr on va devoir prendre notre mal en patience avant de pouvoir y monter. Le tramway est une véritable institution. Grâce à celui que nous empruntons nous allons parcourir le vieux quartier historique de l'Alfama et grimper la colline en passant par des ruelles étroites avec des pentes pouvant atteindre 14%. Inauguré en 1914 le parcours fait en tout 7 km mais nous nous arrêterons au niveau du château Saint Georges pour profiter des vues panoramiques. Banquettes en bois, bruits métalliques, freinages brusques et nombreux virages serrés il faut bien s'accrocher mais c'est un incontournable de la culture portugaise.

Notre "taxi" arrive !

En voiture !

Mais que fait cette voiture ici ?

Attention, on va toucher le balcon !

Après une vingtaine de minutes de transport dans un autre temps, nous descendons à la station Miraduro das porta do sol et comme prévu le belvédère nous offre une vue imprenable sur le quartier de l'Alfama et le bleu azur du Tage

Eglise et monastère Vincente de Fora en haut à gauche et église Sao Miguel en bas à droite

Maintenant nous allons cheminer au hasard des nombreux escaliers et ruelles médiévales du quartier et profiter d'un ciel bleu qui accentue les contrastes. Montées, descentes, virages, un vrai labyrinthe et nous finissons par atteindre la cathédrale de Lisbonne la plus ancienne et la plus importante de la ville, Santa Maria Maior, appelée simplement Sé de Lisboa. Elle date du XIIème siècle et a été mainte fois détruite (notamment par le terrible séisme de 1755) et reconstruite. 

Tuk tuk en arrière-plan !

La cathédrale Sé de Lisboa !

L'ombre portée de la cathédrale nous apporte une fraicheur bienvenue et un petit restaurant nous attire irrémédiablement. Continuons nos découvertes culinaires et pour ma part je vais tenter le poulpe grillé, un régal !
Beignets de morue pour Béa !

Poulpe grillé pour moi !

Nous continuons à pied le long du trajet du tramway 28 pour rejoindre la ville basse et retrouvons bientôt nos marques car la veille nous avons fréquenté ces lieux. Changement de quartier et désormais nous déambulons dans le Chiado puis Bairro Alto, zone branchée de Lisbonne. Passage par la place du célèbre poète Luis de Camoes considéré ici comme le plus grand poète du Portugal. Honnêtement je ne le connais pas mais il fait l'objet d'un véritable culte à tel point que le jour de sa mort, 10 juin 1580, est devenu la fête nationale portugaise. Son œuvre peut être comparée à celles de Virgile, Dante ou encore Shakespeare, respect !  

Le temps invite à la flânerie et pourquoi ne pas tenter un autre tramway original qui se contente de faire un aller-retour sur une pente particulièrement raide, le funiculaire de Bica. Inauguré en 1892, il arpente l'un des quartiers les plus pentues de Lisbonne et profitons en, il n'y a personne au moment où nous arrivons.

Départ du sommet, rue Largo do Calhariz !

En avant pour rejoindre "Rua de Sao Paulo" !

Pause dans la pente !

Lisbonne, la ville aux sept collines, a résisté au temps malgré les invasions, des séismes qui l'ont détruite jusqu'à 85%, elle mérite bien plus que 2 jours de visite mais le temps nous est compté et il nous faut rejoindre Sintra pour une dernière nuit avant de partir pour Cascais. Nous marchons encore à travers cette magnifique capitale pour en profiter un maximum et prenons ensuite notre train de retour.

L'une des nombreuses églises lisboètes !

Détail de faïence sur les murs de la gare de Rossio !


vendredi 11 novembre 2022

Un Ironman au Portugal - partie 2

Nous ne pouvons pas venir à trente kilomètres de Lisbonne sans y consacrer du temps alors nous prenons le train au départ de Sintra (terminus) qui nous amène en 40 minutes à la gare du Rossio située en plein coeur de ville, parfait pour des touristes.


Carte à la main nous nous dirigeons maintenant vers le centre et nous avons dès le départ un aperçu de cette ville toute en collines. La descente prend une dizaine de minutes et nous découvrons tout d'abord l'inévitable boutique de sardines vivement décorée.

Nous avons face à nous la magnifique place Dom Pedro IV avec son théâtre national en arrière-plan et sa fontaine.

Nous poursuivons en direction du fleuve et prenons la grande rue piétonne Augusta. C'est un peu les Champs Elysées portugais avec sa multitude de boutiques et beaucoup de restaurants. Nous ne pouvons pas éviter la belle devanture de la fabrique de pasteïs de nata, la spécialité portugaise de dessert incontournable. Nous résistons pour l'instant mais ce petit flan fera notre bonheur à de très nombreuses reprises.


Nous poursuivons notre chemin et apercevons bientôt l'arc de triomphe qui signale la fin de cette rue et l'arrivée sur la place du commerce.

Place du commerce et sa statue du roi Dom José 1 !

Au programme du jour la tour de Belem aussi nous cherchons la ligne de tramway qui pourra nous y amener car elle se situe à environ 6 km de notre position et nous ne souhaitons pas perdre trop de temps en effectuant le trajet à pied.


A la descente du tram nous parcourons un dernier kilomètre avant de rejoindre notre objectif ce qui nous permet de passer devant l'un des monuments emblématiques lisboètes, le monastère des Hiéronymites. S'il abrite aujourd'hui les musées de la Marine et de l'archéologie, son histoire débute en 1502 grâce au roi Manuel 1er qui décide de bâtir un très grand monastère destiné aux religieux catholiques de l'ordre des Hiéronymites et ainsi se rapprocher de la puissante monarchie espagnole. Le chantier est pharaonique et il sera en partie financé par les profits du commerce des épices et grâce aux richesses rapportées des grands voyages de découverte portugais du XVIème siècle (Vasco de Gama pour ne citer que lui).

La file d'attente est interminable devant le monastère et nous décidons de poursuivre jusqu'à la tour de Belem qui nous fera patienter aussi de longues minutes avant de nous autoriser sa visite.


Construite entre 1514 et 1519 sur les bords du Tage sur un îlot rocheux, la tour de Belém (du mot Bethléem) avait pour mission principale initialement de garder l'entrée du port de Lisbonne. Elle devint ensuite une prison et une capitainerie.

Le style mauresque est remarquable et depuis la cour située au 1er étage, nous nous imaginons bien voir passer devant nous les caravelles en partance pour les côtes de Guinée et les grandes découvertes du XVème siècle.

Salle des canons !

Après cette visite historique et architecturale nous reprenons la direction du centre-ville de Lisbonne en cheminant d'abord à pied le long du Tage ce qui nous permet de passer devant la réplique de l'hydravion des deux grands pilotes portugais Cabral et Coutinho. En juin 1922, ils réalisent l'exploit d'effectuer la première traversée aérienne de l'Atlantique sud entre Lisbonne et Rio de Janeiro.


Puis nous nous approchons d'une œuvre monumentale du sculpteur Léopoldo de Almeida en hommage aux grands navigateurs portugais, le "Padrão dos Descobrimentos", le monument aux découvertes. Un padrão était un piller de pierre surmonté d'une croix ou des armes du Portugal et comportant une inscription utilisée par les navigateurs portugais lors des grandes découvertes pour marquer les emplacements qu'ils découvraient comme l'embouchure du fleuve Congo par l'explorateur Diogo Cao par exemple.

Retour en centre ville et déambulation en suivant un itinéraire qui doit nous permettre d'atteindre une autre curiosité lisboète, les ascenseurs extérieurs. Passage par une église bien colorée et une petite faim nous fait entrer dans un magasin de spécialités salées.

Bienvenue à la Casa Portuguesa do pastel de Bacalhau, autrement dit la maison du beignet de morue. Encore une dégustation d'un produit local que nous avons bien apprécié et la morue sera invitée sous plusieurs formes à notre table les jours suivant.


Le parcours vallonné en coeur de ville est très agréable et bientôt une passerelle suspendue entre 2 bâtiments attire notre attention, nous approchons de l'Elevador de Santa Justa, l'un des ascenseurs extérieurs typiques de Lisbonne mais le seul vertical.

Encore un coin de rue à franchir et nous voilà au pied du monument. Il s'agit bien d'un monument car il fût bâti en 1902 et tout est d'origine...et en plus on fait la queue pour l'emprunter ! D'une hauteur de 45 mètres, il est en fer forgé et depuis son belvédère nous nous attendons à une vue magnifique sur la ville.

Intérieur tout en boiserie !

En arrivant au sommet nous profitons de la terrasse et apercevons au loin le château Saint-Georges et les quartiers du Rossio et de la Baixa (la ville basse).


Il est temps pour nous de rejoindre la gare du Rossio pour revenir sur Sintra après une première journée bien remplie et quelques kilomètres parcourus en montée et en descente.




Un Ironman au Portugal - partie 1

Le 15 octobre 2022, 23 h 10, restera gravé dans notre mémoire car ce jour là j'ai reconduit pour une durée indéterminée mon statut d'Ironman. Mais avant d'arriver à ce moment précis il y a eu près de 12 mois de préparation. Au retour de Guyane je savais déjà que je devais marquer l'année de mes soixante ans d'une pierre blanche et dans un coin de ma tête trottait l'idée de renouveler l'expérience Ironman vécu en l'an 2000. Décembre 2021 je regarde le calendrier des courses et le mois d'octobre présente tous les avantages pour réaliser cette aventure car un Ironman est organisé à Cascaïs au Portugal près de Lisbonne, nous ne connaissons pas ce pays, la météo est normalement très favorable à cette période et j'ai 10 mois pour me préparer. Banco !

Aussitôt dit, aussitôt fait, direction le site officiel et en quelques clics me voilà inscrit. Maintenant je ne peux plus reculer. En pratique la préparation a commencé dès mon retour de Guyane car je me suis remis à courir pour participer aux trails hivernaux et j'ai même mis un marathon dans mon programme au mois de juin au Lac du Der. Pour cette épreuve de 42 km j'ai embarqué avec moi deux amis qui souhaitaient découvrir cette course mythique et qui m'avaient demandé de les préparer.

Une préparation hivernale...

...qui a porté ses fruits 6 mois plus tard !

Concernant ma préparation spécifique, j'ai commencé la natation en piscine dès le mois de Janvier et la météo étant favorable j'ai pu faire du vélo dès le mois de Février en mixant route et VTT. Pour la course à pied aucune influence de la météo et sorties hebdomadaires depuis le retour de Guyane.

Footing au départ de Châtenois !



Cyclisme sur les routes alsaciennes !




Et au début du mois d'octobre, quelques séances de natation en lac pour s'habituer à la combinaison et à la température de l'eau qui devrait avoisiner les 16° !



Au moment de prendre la route pour le Portugal le 6 octobre, j'aurai cumulé 103 km de natation, 888 km de course à pied et 3738 km de cyclisme. Désormais les dés sont jetés !


Près de 2 500 km nous séparent de Cascaïs aussi nous couperons le voyage en plusieurs tronçons et le premier nous amènera chez Pierre, dans son nouveau chez-lui, à Dijon pour une soirée tranquille et un super repas au restaurant. Merci fiston !



La fameuse chouette porte-bonheur dont on ignore en fait l'origine ! Mythomanie ou légende ?


Après cette pause bourguignonne direction les Landes et Parentis pour voir Sophie et sa petite famille. En pratique on les verra 30 minutes car ce vendredi là ils avaient un salon à préparer. Ce n'est que partie remise et pendant ce temps nous avons pu nous reposer avant de prendre la route le samedi pour atteindre la frontière portugaise.

Départ à l'aube pour un tronçon de 600 km qui doit nous amener jusqu'à Salamanque. Sur le parcours nous faisons une belle halte à Burgos que nous visitons rapidement. C'est une très belle surprise. Berceau de la Vieille-Castille, Burgos nous montre les flèches aiguës et dentelées de sa célèbre cathédrale gothique, la cathédrale de Santa Maria. Ce monument héberge la dépouille de Rodrigo Diaz de Vivar plus connu sous le surnom du Cid, le chevalier mercenaire chrétien.





La cathédrale de Santa Maria !

Panorama de la ville depuis le château du Castillo !

Pour conclure cette visite rappelons également que Burgos est une étape très importante sur le Camino Francès du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle.

Reprenons notre véhicule et rejoignons notre hôtel situé au-delà de Salamanque et à 80 km de la frontière portugaise.

Après une bonne nuit nous parcourons notre dernier tronçon de route d'environ 600 km qui doit nous amener à Sintra à l'Ouest de Lisbonne pour 4 jours. La route est agréable et comme nous avons le temps je change l'itinéraire pour passer par le village de Nazaré, célèbre pour ses vagues monstrueuses.

Frontière en vue !

Nous arrivons à Nazaré par un beau soleil et prenons notre déjeuner sur une terrasse en bord de mer. Avant de rejoindre le restaurant nous arpentons le front de mer et passons devant les étals de poissons séchés et les vendeuses de poulpes.


Après le repas, nous faisons une promenade digestive qui nous transporte au quartier haut de la ville, le Sitio. Situé au sommet du promontoire c'est un lieu de religiosité et de pèlerinage depuis le XIIe siècle, associé à la légende de Notre-Dame de Nazareth et à son culte.




Le phare du bout du monde !

Les planches des surfeurs qui ont vaincu des vagues dépassant les 20 m de haut !

Un dernier effort et nous atteignons Sintra où nous allons passer 4 nuits. Cette étape va nous permettre de visiter Lisbonne et ses environs avant de rejoindre Cascaïs, lieu d'accueil de l'Ironman.

Petit jardin en bas de l'appartement !

Montage du vélo pour s'assurer qu'il a supporté le voyage !

Après ce long périple en voiture, la première journée à Sintra va être consacrée à une petite randonnée pour se dégourdir les jambes et à une visite d'un site historique à Mafra. Il pleut un peu mais cela ne nous décourage pas et c'est bien habillé que nous entamons notre promenade en bord de mer sur les falaises du Cabo da Roca, le cap du rocher. Nous ne pouvons pas aller plus loin à l'Ouest du continent européen. 


Le sentier côtier est agréable mais attention aux zones rocheuses car le sol est très glissant à cause de la pluie. Béa s'en souviendra ! La météo peu favorable nous incite à raccourcir un peu le parcours et nous décidons de poursuivre en voiture le long de la côte atlantique à la recherche d'un coin pour manger.



Il existe de nombreux petits ports qui profitent des falaises abruptes pour se protéger des vagues de l'océan et chaque plage devient un spot pour surfeurs.


Quittons le bord de mer et entrons dans les terres. Sur le chemin du retour vers Sintra il existe une ville haute en couleurs qui possède un palais exceptionnel, Mafra.

Cette imposante bâtisse est le plus vaste palais-monastère de la péninsule ibérique. C'est un véritable labyrinthe qui illustre la mégalomanie du roi Jean V, dit le magnanime, surnommé aussi le Roi-soleil portugais. Le marbre y règne en maître.

L'un des 1156 escaliers !

Nous suivons un parcours bien fléché et la visite nous amène dans de très nombreuses pièces richement décorées.

Ce palais disposait aussi d'un monastère qui pouvait accueillir 300 moines...

...et toute la famille royale !

La basilique vue du 1e étage !

Salle des trophées !

Nous finissons par l'une des plus belles pièces, la bibliothèque royale et ses 84 m de long, son pavage en marbre gris, blanc et rose, et ses 40 000 ouvrages reliés en cuir et datant du 14ème au 19ème siècle. Le détour par Mafra en valait vraiment la peine et nous retrouvons Sintra avec plaisir pour y passer une soirée tranquille après avoir été dans l'humidité toute la journée.

Les deux prochaines journées seront consacrées à Lisbonne et méritent à elles seules un article. A suivre.